Wuhan : 4 ans fermes pour une journaliste chinoise ayant couvert l’épidémie

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Une journaliste-citoyenne chinoise qui a couvert l’épidémie de coronavirus au début de l’année 2020 à Wuhan, dans le centre de la Chine, a été condamnée lundi 4 janvier, à quatre ans de prison pour «provocation de troubles», a annoncé son avocat.

Zhang Zhan, âgée de 37 ans, est la première personne à avoir été jugée pour avoir informé les Chinois de la situation au plus fort de la crise sanitaire, au début de l’année 2020. Elle fait partie d’un petit groupe d’individus dont les récits sur les hôpitaux surchargés et les rues vides de Wuhan ont décrit une situation plus dramatique que ce que les autorités chinoises disaient à l’époque. «Nous ferons probablement appel», a ajouté son avocat, Ren Quanniu. «Mme Zhang estime qu’elle est persécutée pour avoir exercé sa liberté d’expression», avait-il dit avant son procès qui s’est tenu à Shanghai sept mois après son arrestation. Les journalistes étrangers n’ont pas eu le droit d’accéder à l’intérieur du tribunal «en raison de l’épidémie», selon l’explication officielle qui leur a été fournie.

Ancienne avocate vivant à Shanghai, Zhang Zhan est arrivée à Wuhan, épicentre de la pandémie dans la province du Hubei, le 1er février dernier. Elle a mis en ligne sur YouTube de courtes interviews avec des habitants mais aussi des commentaires et des images d’un crématorium, d’hôpitaux et de l’Institut de virologie de la ville. Arrêtée à la mi-mai, elle a observé une grève de la faim à la fin du mois de juin mais, selon son avocat, elle a été nourrie de force. Son état de santé est préoccupant: elle souffre notamment de maux de tête, de vertiges, de douleurs au ventre et sa pression artérielle est basse. D’autres journalistes-citoyens ont également été portés disparus en Chine, parmi lesquels Fang Bin, Chen Qiushi et Li Zehua. Aucune information concernant Fang Bin n’est disponible. Li Zehua est réapparu en avril dans une vidéo mise en ligne sur YouTube dans laquelle il dit avoir été placé de force en quarantaine. Chen Qiushi a été libéré de prison mais selon un de ses amis, il vit sous surveillance et n’a plus parlé en public. Les autorités chinoises ont censuré les témoignages et récits critiques sur leur réaction initiale à la crise sanitaire, et des avertissements ont été adressés à des médecins et à des lanceurs d’alerte. Les médias officiels soulignent quant à eux que la Chine, sous la conduite du président Xi Jinping, a réussi à endiguer le virus.

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