Vous avez dit l’unanimité ? : pas évident de la maintenir quand on l’a trouvée

2 weeks ago

LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Il est vain de s’attendre à ce que les hommes soient constamment unanimes sur un sujet donné. Au moment où ils se concertent, ils peuvent bien être absolument d’accord, mais quelque temps après, les choses changent. Quelqu’un pris isolément ou tout un groupe à la fois peut dans l’intervalle, s’être fait une autre opinion sur la même question, auparavant débattue, et qui avait été consensuelle. Ainsi sont les hommes. Ainsi va la vie !

L’une des meilleures illustrations de cette assertion porte sur le sentiment religieux. Il n’y a certainement aucune confluence de pensée qui fait l’unanimité chez les humains plus que celle portant sur la croyance en Dieu. S’y ajoutent les valeurs cardinales que tout le monde reconnaît comme essentielles à la vie en société. Tous les peuples les ont en partage. Ce sont entre autres : le travail, la vérité, la justice, l’amour, la solidarité, la tolérance, le respect du prochain, etc. Mais, même là, l’unanimité n’est guère immuable. Elle est même très fluctuante. Tel qui admet l’existence de Dieu ne pratique guère la religion ou tel qui baigne dans un environnement de foi profonde demeure mécréant. Au plan moral et comportemental, il y en a qui sont pervers et inciviques, malgré qu’ils soient issus de familles dignes et exemplaires.

La pluie tombe, on se plaint. Le soleil darde ses rayons, on se plaint.  Toujours des jérémiades, pour tout ce qui arrive. On amène la lune et nous voilà à réclamer les étoiles. Que nous faut-il alors pour être satisfaits ?

Pour décrire les perpétuels insatisfaits que nous sommes, Il n’y a pas meilleur exemple que la fable de La Fontaine intitulée ‘’le meunier, son fils et l’âne’’. L’origine de cette satire de la vie sociale remonte dans le lointain passé qui a jalonné l’évolution de l’humanité.  A la lire, on se dit bien qu’on peut lui trouver une équivalence dans nos contes et légendes. La transmission des valeurs morales pour l’éducation de notre société est partagée par toutes les sociétés humaines.

Mais revenons plutôt à cette fable qui décrit parfaitement le phénomène d’insatisfaction ou de manque d’unanimité que nous voulons mettre en relief.

Nous n’allons pas la reproduire in extenso, encore moins l’analyser. Cela prendrait trop d’espace et ce n’est pas l’objet de notre papier. Tentons plutôt d’en faire un résumé, le plus succinct possible.

Un meunier fort âgé et son fils, plutôt enfant, s’en vont à la foire, vendre un âne. Ils attachent les pattes de l’animal à un pieu et ainsi suspendu, le portent sur la tête. Les premiers qu’ils rencontrent s’étonnent de leur geste et se demandent même lequel des trois est le vrai âne. Le meunier trouve le point de vue bien judicieux et accepte de changer de méthode. A partir de là, les voilà embarqués, lui, son fils et l’âne, dans une série de comportements aussi variés que vont l’être les avis des personnes qu’ils rencontrent sur le chemin de la foire. Pour faire bref, tout ce qu’ils font est objet de critiques. Et le meunier veut toujours en tenir compte, se disant que chacune d’elles est toujours la meilleure à suivre.

L’on se souvient qu’on leur a dit en premier qu’il n’était pas convenable de porter l’âne sur la tête. Ce à quoi ils ont convenu et ils ont laissé l’équidé libre de trotter devant eux, pas très heureux de son nouveau sort, dit-on, lui qui était auparavant porté. Mais, le meunier n’en a cure. Juste après, il décide que son enfant le monte.  Chemin faisant, ils croisent un autre groupe qui pense qu’il est malvenu qu’un jeune soit porté à la place d’un vieux. Les voilà qui obtempèrent à nouveau. Le vieux prend la place du jeune. Là également, il s’en trouve qui n’apprécie pas. Le meunier met son fils en croupe. Ils se retrouvent à deux sur le dos de l’âne. Pas pour longtemps. Chemin faisant, on leur dit qu’ils vont le tuer à force de le charger et de le rouer de coups. Ils mettent pied à terre et suivent l’âne qui broute allègrement, en trottant. Mais, rien n’y fit. Cela n’arrêta point les remarques et avis. A un dernier groupe de s’étonner que des personnes suivent ainsi à pied, un âne fait pour être monté.

Cette chronologie d’avis, de remarques et d’appréciations, semblait sans limite, tant et si bien, qu’en fin de compte, notre meunier ne savait plus à quel saint se vouer. Tellement il y avait des points de vue, tous bien fondés il est vrai, mais divergents dans leur énoncé. En respectant chacun d’eux, il s’est rendu compte qu’il retournait toujours à la case départ et perdait un temps précieux.

La leçon qu’il en a tirée est que les gens, en général, ont le goût difficile. Quoique l’on fasse en ce bas-monde, les gens en parleront et les jugements ne seront jamais les mêmes. Même pour les meilleures choses. Il est donc illusoire de croire que l’on peut contenter tout le monde.

Les nouvelles autorités peuvent bien s’en inspirer dans l’accomplissement de leur mission de redressement du pays et prendre en compte le fait qu’elles ne doivent pas s’attendre à convaincre tout le monde, tout le temps.

Tant que le CNRD sera dans l’esprit de sa déclaration faite à la prise du pouvoir le 05 septembre, on dira tout de lui. Mais, qu’il se rassure. Il est encore sur le bon chemin, celui de la nouvelle Guinée en construction.

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