Un conflit domanial risque de virer au drame à Coyah : Elhadj Kallo agressé avec sa famille...

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COYAHA- Dans le district de Sanoyah Manguéboungni, situé la sous-préfecture de Manéyah, préfecture de Coyah, un conflit domanial opposant deux citoyens risque de virer au drame si rien n'est fait.

La famille d’Elhadj Idrissa Kallo, se dit être victime d'attaques commanditées par un monsieur qui voudrait récupérer de force le domaine qu'il aurait légalement acquis il y a des années. M. Kallo y a construit une maison et y habite avec sa famille. Interrogé, il a accusé des loubards et policiers de l'avoir attaqué en vue de le faire déloger de force. Interrogé, Moriba Kourouma, le monsieur qu'il accuse d'être à l'origine de ses ennuis dément et parle d’une affaire tranchée par la justice.

Comment en est-on arrivé là ?

En mars 2021, quelques jours après avoir subi une nouvelle attaque de la part des loubards, la victime s’est confiée à un journaliste d'Africaguinee.com. Elhadj Idrissa Kallo, avec des preuves documentées à l’appui, a expliqué comment il a acquis ce domaine.

« C'est en 2004 que j'ai demandé à mon frère Moustapha Tounkara qui habitait au km36 de me chercher un terrain autour de lui là-bas. Il m'a appelé un jour pour m’informer qu'il a eu un terrain. Je suis venu voir le domaine et par la suite, il m'a conduit chez le propriétaire du terrain. Ce dernier nous a aussitôt conduit sur le terrain qui m'a plu…Le domaine a une largeur de 15,40m et une longueur de 25,50m. Quand on s'est entendu sur le prix, je lui ai demandé à ce qu'on aille d'abord au quartier pour qu'on me dise si effectivement le domaine lui appartient. Ce jour, nous avons trouvé Elhadj Minkayilou Camara, le président de leur district. C'est ce dernier qui m'a confirmé que le terrain appartient au monsieur parce qu'il s'agit de l'héritage laissé par son père. C'est après quoi j'ai payé la moitié du prix du terrain et sur place il m'a fait une attestation de vente. Ils m'ont demandé de laisser de l'argent pour la confection de la donation et tout autre document y afférant. Quand mon donateur m'a remis ces documents je lui ai payé le restant de son argent. Dans la même semaine, j'ai pris un maçon pour tracer mon soubassement. De 2004 jusqu'en 2008 tout se passait bien. Je venais petit à petit élever le bâtiment comme nous, nous sommes des débrouillards » a-t-il rappelé.

Début du conflit

« C’est un jour en 2008, un monsieur du nom de Lamine Jacques Camara est venu me trouver en train de travailler sur le terrain en me disant que ce terrain lui appartient. Je lui ai dit ok. Toi et moi ne devons pas se battre. Comme chacun de nous a un cédant, alors va dire à ton cédant que tu as trouvé quelqu'un sur le site et je le ferai aussi à mon tour. Comme ça, on saura à qui appartient entre les deux cédants. Chose qu'il n'a pas faite. Dès que je suis rentré, le même soir il est venu faire tomber toute ma maison. Le lendemain, je l'ai trouvé sur le terrain avec quelques membres du bureau de quartier. Il m'a dit qu'il a bien fait et que si je ne suis pas d'accord d'aller faire recours à la justice.

Mais, il se peut que quand le papa de mon cédant décédait ses enfants étaient petits. C'est pourquoi il a confié ses parcelles à son frère Mohamed Lamine Bangoura. Ce dernier aurait donné le terrain litigieux à sa femme Fatoumata Kanté. Selon les dires de Lamine Jacques Camara, c'est cette dame qui lui aurait cédé le domaine en question. C'est ainsi que j'ai pris un avocat. Mon avocat m'a tout de suite donné un huissier pour venir constater les faits sur le terrain et recueillir les témoignages. Le chef secteur même a réaffirmé à l'huissier que le terrain appartient à celui qui me l'avait vendu.

En 2009, j'ai gagné ce procès au tribunal de première instance de Coyah. Après, Lamine Jacques a revendu le terrain à un certain Moriba Kourouma. Bien avant l'achat, les voisins lui ont dit de ne pas l’acheter à cause du litige. Moriba Kourouma leur a dit que ce n'est pas son problème. Qu'il va acheter. Quelques jours après, il est venu avec ses ouvriers sur le terrain pour travailler. Les voisins m'ont appelé pour m'informer que Moriba Kourouma est en train de travailler sur mon terrain.  Ce jour, je suis allé à la gendarmerie de Coleyah, ceux-ci m'ont donné deux gendarmes et un arrêt qu'on est venu lui remettre. Quand on lui a remis l'arrêt, il a appelé son commandant pour lui dire qu'il aurait racheté le terrain selon Moriba.

Les deux gendarmes aussi ont appelé leur commandant. Le commandant de Coleyah a demandé à son commandant si c'est pour lui le domaine il a répondu "Non". Il lui a dit alors de se retirer toi de cette affaire. Depuis lors, le commandant-là ne s'est plus mêlé. J’étais parti aider ma maman dans son champ au village. Avant mon retour, le même Moriba Kourouma est venu modifier mon salon et mettre la tôle sur la maison pendant que moi j'avais déjà fait l'élévation. Quand je suis revenu, j'ai demandé à mon fils d'aller voir le chantier.Il est venu me dire que quelqu'un a mis la tôle dessus et qu'au lieu de trois chambres c'est devenu quatre. J'ai dit ok. Moi aussi j'ai acheté les portes et fenêtres et je les ai fixés et j'ai fait le crépissage. C'est ainsi en fin 2016 j'y ai déménagé.

 En 2017, il est venu constater cela et du coup il m'a convoqué à la gendarmerie de Coyah. Arrivé, le commandant m'a demandé ma version…Je lui ai expliqué tout le problème en lui brandissant toutes mes preuves (dossiers). Le commandant leur a dit que le terrain m'appartient et que j'ai tous mes dossiers. Malgré tout, ils ne m'ont pas laissé. En 2018, avec la complicité de deux membres du bureau du quartier, ils ont dit que mes papiers ne sont pas authentiques. Cette fois-ci, Moriba Kourouma a pris des loubards du quartier pour venir me déloger. Nous avons été attaqués à 5h du matin. Grâce au bon voisinage j'ai pu m'en sortir et on a conduit Moriba au commissariat de 36. Soudain, étant au commissariat là-bas, un monsieur a appelé le commissaire pour de sommer de libérer Moriba. Le commissaire m'a dit qu'il n'a pas de choix. Après sa libération par le commissaire, j'ai porté plainte contre lui au tribunal de Coyah auprès de Moundjour Chérif procureur d'alors. Il n'a jamais répondu à cette convocation.

Quelques mois après, Koutoubou Camara est venu me trouver avec un document pour me demander  de libérer les lieux. Que c'est le verdict d'une décision de justice. Alors que moi je n'ai jamais assisté à ce procès. Du coup, je suis allé voir le procureur pour lui  expliquer qu'il ne peut pas juger une affaire sans écouter la partie incriminée. Il m'a dit non. Que lui il rend justice à partir des dossiers qu'on lui a transmis. C'est ainsi j'ai automatiquement attaqué cette décision. En 2019, il est venu pour la deuxième fois avec la police arracher toutes mes portes et fenêtres et détruire les meubles de la maison. Tout récemment là en mars 2021, ce même monsieur est venu m'attaquer à 5h avec certains jeunes pendant que nous étions couchés. Donc, c'est cette injustice que je vis au quotidien. J'en ai vraiment marre et je veux interpeller toutes les autorités du pays à travers la presse sur la question. Parce que face à ces incessantes menaces qui pèsent sur ma famille et moi, je ne sais plus quoi faire après avoir saisi la police, la gendarmerie et la justice sans succès »  a interpellé Elhadj Kallo.

Le principal accusé, Moriba Kourouma, travailleur à Topaz soutient en revanche qu'il n'a pas usé de la force pour récupérer ce domaine. Selon lui, c’est plutôt la justice qui le lui a donné.

« Dans l’affaire-là, c’est la justice qui a tranché. Je ne suis pas parti par ma force où par ma relation. C’est la justice qui m’a donné raison, c’est ma maison, c’est moi qui ait fait le soubassement, construit la maison, mis la toiture. Il est venu mettre les portes et fenêtres et installer sa famille dedans. Vous pouvez vous renseigner au niveau du chef du quartier et les voisins. Quand la justice a tranché, on a envoyé le papier au quartier. Bien avant, le chef de quartier m'a appelé, on a appelé Elhadj Kallo, son tuteur et le mien. Son tuteur (son cédant Abou Soumah) a reconnu lui avoir vendu une demi-parcelle à 6millions. Il (Elhadj Kallo) a été sommé de quitter ma maison en lui offrant une demi-parcelle par son tuteur, Abou Soumah, mais il a refusé », a-t-il réagi.

Sur l’implication de la police

« Je ne suis pas parti avec la force. Je suis parti avec mon huissier et tout a été fait conformément à la loi. Je veux récupérer mon domaine coûte que coûte, mais je suis toujours derrière la loi » a-t-il tranché.

Le chef de quartier de Sanoyah Manguéboungni, Koutoubou Kourouma, accusé par Elhadj Idrissa Kallo d'être complice, a nié toute implication dans cette affaire.

 « Nous, nous n'avons rien à dire dans ce problème. Puisque l'affaire a été jusqu'au tribunal, c'est au juge qu'il faut s'adresser pour vous situer. Moi je n'ai rien à vous dire. Je suis chef de quartier ça fait plus de 20 ans. Donc, si y'a un problème, nous, on règle à l'amiable, au-delà, c'est la justice qui tranche. Moi quand je m'implique dans une affaire je sais comment marcher. Celui qui vous a donné mon nom, est venu ici avec toute sa famille et la communauté mandingue plusieurs fois pour parler de ce problème. S'il sait que je suis associé, qu'il porte plainte contre moi. Nous sommes tous des guinéens et nul n'est au-dessus de la loi », a répondu le chef de quartier de Sanoyah Manguéboungni.

Affaire à suivre

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

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