Tronçon Bambéto-Dar-Es-Salam : Le calvaire des usagers

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Inutile de dire que le réseau routier guinéen est en mauvais état. Les routes construites ces 8 dernières années se sont déjà dégradées. Les raisons sont liées au manque d’entretien, à l’utilisation de matériaux inadéquats et non conformes aux spécifications techniques, des lacunes dans la conception (sous-dimensionnement de la structure des chaussées, insuffisance des dispositifs de drainage, etc.)

Parmi ces routes dégradées, il y a le tronçon Bambéto-Dar-Es-Salam-Boston. Cette route est devenue pratiquement impraticable. Des nids de poules sont partout. Les chauffeurs qui pratiquent ce tronçon en profitent pour augmenter les tarifs de transport : « Ce sont les femmes qui lavent les habits dans les ménages et déversent de l’eau sale sur le goudron qui font que cette route s’est détériorée si rapidement. Malgré le fait que la couche de goudron ne soit pas épaisse, si on entretient ce qui est là, ça va beaucoup nous aider. Nous savons tous que les sociétés qui font nos routes font du travail bâclé. Donc, c’est à nous (population) de sauvegarder les acquis », a témoigné un chauffeur qui requiert l’anonymat.

Cet autre chauffeur accuse l’Etat et les jeunes qui brûlent des pneus sur la chaussée lors des manifs politiques. «L’Etat a la plus lourde responsabilité du fait que s’il y a dégradation de routes, il s’en fout pas mal. Surtout dans les quartiers, parce que les responsables se disent que cette route n’est pas beaucoup fréquentée. Par ailleurs, nous sommes aussi responsables. A chaque manifestation politique, nos jeunes brûlent des pneus sur le goudron, et ce n’est pas bon. Le feu détruit tout sur son passage», rajoute maître Alsény Sow.

A chaque départ, chaque chauffeur est sommé de payer 1 000 Gnf au syndicat. Le syndicat interrogé pour savoir pourquoi il n’utiliserait pas ce fonds versé par les chauffeurs, pour refaire la route, n’a pas accepté de se prêter à nos questions.

A noter que la route Bambéto-Dar-Es-Salam-Boston a été réalisée en 2008. Mais à la voir aujourd’hui, on croirait qu’elle n’a jamais existé.

Kadiatou Diallo

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