Transition : en attendant la nomination d’un Premier ministre, le pays fonctionne à vau-l’eau

2 weeks ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Les Guinéens attendent avec impatience la nomination d’un Premier ministre et la formation par la suite du gouvernement.

Cela dure déjà plus d’un mois, le temps équivalant à la prise du pouvoir par le CNRD. C’est sans doute le record dans l’histoire des transitions en République de Guinée.

Pour rappel, en 1984, dans les mêmes circonstances, les putschistes d’alors ont pu nommer leur premier Ministre, 48h après leur avènement au pouvoir. En 2008, c’est une semaine après le coup d’Etat, que l’équipe conduite par Dadis Camara avait dévoilé le visage très peu connu des Guinéens, de son Premier Ministre.

Avec le colonel-Président tombeur d’Alpha Condé, c’est toujours de l’expectative.

La junte, pour le moment, s’occupe de tout avec l’aide de conseillers spécialisés, de dérideurs et d’opportunistes impénitents qui ont la mue facile. Elle focalise toutes les attentions et attire convoitise.

Des décisions prises alternent entre réalisme et populisme, en vue de conforter une légitimité vite acquise mais qui peut s’avérer fragile.

On a l’impression que l’agenda n’est pas prédéfini, et qu’il est ficelé au fur et à mesure. Cela ne peut durer longtemps.

L’administration, et au-delà, tout le pays, sérieusement affecté par le manque des leviers importants de gestion, risque d’aller à vau-l’eau.

Un mois après, la junte n’a plus d’excuses quand elle va nous jeter à la figurer le nom d’un Premier ministre qui n’aura pas l’étoffe nécessaire, pour répondre aux aspirations du peuple martyrisé de Guinée.

Difficile d’espérer autant quand des noms qui suintent des grandes officines de prise de décisions et qui seraient pressentis pour occuper cette haute fonction, n’inspirent que peu confiance.

Les choix sont révélateurs de la volonté de certaines personnes et groupe d’utilitaristes à contrôler et orienter, à leur guise, la transition.

En réalité, eu égard la situation de crise économique doublée d’une crise de confiance qui a rendu impossible toutes les initiatives de dialogue dans le pays, le profil du nouveau Premier ministre est celui d’un technocrate, fin connaisseur de l’administration et à équidistance des partis politiques et de leurs leaders.

A cela s’ajoutent l’intégrité et la probité morale du candidat au précieux sésame.

Encore une fois, à l’allure où vont les choses, avec la touffe de conseillers aux objectifs divergents dont s’est entouré le colonel-président, il est difficile d’espérer mieux.

Mognouma Cissé

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