Trafic de drogue en Guinée : Plus de 100 kg saisis au camp d’infanterie de Dubréka

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Le 27 mai, cinq personnes suspectées d’être impliquées dans le trafic du chanvre indien ont été présentées au parquet du tribunal de première instance de Dubréka, située au Nord-est de Conakry à 50 km. Alhassane Mariam Sylla, Saran Soumah alias Mama Africa, Nabilaye Ibrahima Bangoura, Almamy Touré et Cheick Ahmed Kourouma, tous des civils, auraient été pris avec plus de 100 kilogrammes de chanvre indien par les officiers de police judiciaire du Commissariat central de Dubréka.

Tout est parti d’une descente musclée effectuée par des flics du commissariat central de Dubréka au quartier Kénendé, le 23 mai dernier. Alhassane Mariam Sylla est interpellé dans une buvette avec 68 boules de drogue qu’il revendait. Il dénonce une certaine Saran Soumah alias Mama Africa, une femme qui réside au camp d’infanterie de Dubréka : «Nous avons été informés de l’existence d’un clan de consommation et de vente du chanvre indien dans le quartier Kénendé. Nous avons pu interpeller l’un d’eux. Après cette interpellation, le suspect nous a fait comprendre qu’il s’approvisionne auprès d’une dame qui réside dans le camp d’infanterie de Dubréka. Avec la collaboration des autorités du camp, nous avons perquisitionné le domicile de la dame. Nous avons donc saisi deux colis de 50 kilogrammes chacun», explique capitaine Yamoussa Camara, chef section Police judiciaire du commissariat central de Dubréka.  

Saran Soumah a reconnu  les faits. Elle justifie son acte par le fait, selon elle, qu’elle ne parviendrait plus à joindre les deux bouts : «Mon premier mari était un capitaine de la marine. J’ai 6 enfants que je dois nourrir et pour lesquels je dois payer les études. Leur scolarité s’élève à  1 600 000 francs guinéens par mois. Le petit commerce que j’exerçais ne me permettait plus de subvenir à ces différents besoins. Je me suis remariée à un autre homme, mais la charge de mes enfants me revient. C’est ce qui m’a impliqué dans cette affaire de vente de chanvre indien. Ce n’est pas par plaisir.» Dame Saran se ravitaillerait à partir d’un débarcadère dans la localité de Benna, avec des trafiquants Léonais. Selon elle, le réseau s’étendrait jusqu’en Guinée-Bissau. Une partie de la quantité saisie devrait d’ailleurs être acheminée en Guinée-Bissau et au Mali. Le réseau serait aussi implanté à Boké et à Kolaboui.

Pour le moment, l’implication de militaires du camp de Dubréka ou d’autres hommes en treilli n’est pas prouvée. Mais Marouane Baldé, procureur par intérim près le TPI de Dubréka promet de traquer tous ceux qui ont une responsabilité dans cette affaire : «C’est une drogue classée dans la catégorie des différentes drogues dures conformément au Code de procédure pénale et au Code pénal. C’est avec stupéfaction que nous constatons la saisie des produits qui sont illicites dans un camp militaire. C’est pourquoi, nous avons décidé d’ouvrir une information judiciaire pour approfondir les enquêtes et interpeller les auteurs, les coauteurs et les complices notamment les personnes qui ont hébergé Saran Soumah dans le camp. C’est leur couverture, puisqu’on ne peut pas imaginer la circulation ou le stockage des plantes qui sont prohibées dans un  camp.»

Yacine Diallo

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