Sorel Bangoura en désaccord avec Dalein: "On a reconnu Alpha Condé..."

1 week ago 17

CONAKRY-Le Secrétaire Fédéral de l'Union des forces démocratiques de Guinée à Matam vient de prendre le contrepied de la position exprimée par sa formation politique. Soriba Sorel Bangoura appelle à dialoguer avec Alpha Condé. L'actuel vice-maire de Matam estime que refuser la "main tendue" du Chef de l'Etat serait une erreur. Selon ce proche de Cellou Dalein Diallo, l'évidence est là : Alpha Condé a été reconnu par la communauté internationale.

AFRICAGUINEE.COM : Pourquoi selon vous l’UFDG doit participer à un éventuel dialogue avec le président Alpha Condé ?

SORIBA SOREL BANGOURA : Dans toute société organisée, nous avons des leaders d’opinion, des religieux, nous avons toutes les structures sociales. Quand il y a un problème, il y a ces gens qui peuvent élaguer, on peut demander leur avis. Au-delà de l’UFDG et tous les partis politiques, je pense la Guinée nous appartient tous. Dans ce sens, la question m’a été posée, est-ce que l’UFDG doit aller à un dialogue ? Nous avons certes eu beaucoup de dialogues. Il y a eu un accord en 2010. Celui-ci n'est allé nulle part, pour la simple raison qu’on ne s’était pas compris. Alors qu’il est impératif et obligatoire que les guinéens s’entendent sur l’avenir de la Guinée. Ceci étant, aujourd’hui nous avons des préalables. Il y a eu la main tendue du chef de l’Etat, je pense que tout leader ou chef d’Etat a besoin de remède. Ce remède, ce sont des gens qui ont des avis contraires (…).

Aujourd’hui nous avons des gens qui sont en prison injustement. La seule personne aujourd’hui qui tend la main, qui est le père de la nation, c’est le chef de l’Etat. C’est à lui qui revient le devoir d’appeler au dialogue, de tendre la main et aussi de faire une large ouverture sociale, économique et politique. Cela dit, je me disais qu’aujourd’hui, les gens de l’opposition qui sont en prison on aurait pu les libérer, on aurait pu ouvrir le siège de l’UFDG, laisser les gens s’exprimer, appeler à un dialogue national, appeler toutes les composantes de la nation pour réfléchir sur l’idée d’une réconciliation nationale. C’est la base de tout. On peut avoir des milliards, des mines et tout ce qui s’en suit dans ce pays, mais on n’aboutira à rien.

Maintenant ça fait 50 ans, où est-ce qu’on est allé ? Sur un rayon de 50 km² est-ce que la Guinée a pu être autonome en matière d’électricité ? Est-ce que nous avons eu l’autosuffisance ? Est-ce que nous avons les infrastructures de base, des bonnes écoles ? Je dis non. Ça c’est des choses que le chef de l’Etat ne peut pas faire tout seul. Les gens qui sont nommés à des fonctions de responsabilité qui peuvent y penser, c’est là qu’intervient par exemple l’opposition, c’est là que les idées s’y mettent en disant voilà ce que nous pouvons faire ensemble. Il faut que cela soit fait. Aujourd’hui, nous avons des structures mais qui ne sont pas fonctionnelles.

Donc pour moi, l’UFDG doit aller au dialogue, ça n’engage que moi. Mais l’UFDG ne peut aller au dialogue si le président de la république n’est pas prêt. C’est le père de la nation, qu’on le veuille ou pas aujourd’hui. Toutes les institutions que nous connaissons à travers le monde ont reconnu Alpha Condé. Que cela soit vrai pour quelqu’un ou pas, ça c'est un fait. Alors il ne peut pas travailler tout seul.

Pensez-vous que le président soit prêt à ouvrir ce dialogue ?

Je pense que le président est prêt. Le président sait ce qu’il doit faire, je crois qu’il a un programme, il a vécu 10 ans avec les guinéens, des cadres qui ont servi depuis au temps de Lansana Conté, aujourd’hui s’il fait le bilan de tous les secteurs, il verra qu’il y a eu des failles. Et que des gens n’ont pas respecté le programme, l’ambition qu'il avait pour la Guinée. A certains endroits, c'est parce qu'il n’a pas travaillé avec de bonnes personnes. Parce que quand on n'ose pas dire la vérité (...). Tout le monde veut être  nommé à un poste, mais il faut avoir des gens qui ne sont pas intéressés par des postes qui sont des médiateurs endogènes. C’est-à-dire locaux qui sont là, qui peuvent parler au chef de l’Etat, qui peuvent dire voilà la réalité, qui peuvent l’amener sur le terrain, mais pas toujours des gens qui veulent s’enrichir.

Aujourd’hui, on entend dans le programme du président que le patrimoine national va être récupéré. Mais pendant ce temps, ceux qui sont en train de construire sur ce patrimoine, ce sont ceux qui travaillent avec lui. Parce que tous ces gens-là sont en tain piller. Il est entouré, il ne peut pas tout voir. C’est là qu’intervient l’opposition. C’est mon idée. Le président peut rattraper tout ce qui est perdu s’il fait l’ouverture avec tous ces gens qui pensent qu’ils peuvent donner une substance aux guinéens. Pour permettre à la Guinée de bouger. En ce moment ensemble, nous pouvons faire quelque chose, mais pas tout seul. Une seule force ne peut pas soulever cette machine qui est sociale, économique et politique.

Avez-vous des conditions ?

Les clés se trouvent avec le chef de l’Etat. S'il a envie de rattraper ce qu’on a perdu en 10 ans sur les 6 ans, aujourd’hui c’est à lui de voir : est-ce que lui Alpha Condé s'il restait en prison jusqu’à y mourir ça allait arranger la Guinée ? Alors, il doit réfléchir pour libérer les gens pour que le dialogue commence. Ça n’appartient qu’à lui, ce n’est pas Cellou qui va décider, ni à Sidya ou Kouyaté. Alpha Condé est le seul décideur aujourd’hui. Alpha Condé peut décider de la mort ou de la vie de quelqu’un, mais il faut savoir que la roue tourne dans la vie.

Aujourd’hui ça peut s’arrêter sur toi, ceux qui sont en train de faire du mal autour de lui savent que la montre tournera. On a vu des gens au temps de Sékou Touré qui ont fait du mal, mais quand la montre a tourné tout a changé. Au temps de Lansana Conté, lors que la montre a tourné tout a changé. Donc avec lui également, la montre tournera. C’est clair.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

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