Sacre des Eléphants : au-delà du miracle, une leçon de vie

2 weeks ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Les Ivoiriens la tiennent donc, la troisième CAN de l’histoire du pays ! Ils rejoignent le club plutôt fermé des pays qui s’adjugent le trophée à la maison. Un trophée en forme cerise sur le gâteau, après une organisation de la compétition que tous les observateurs disaient déjà, réussie. Mais de cette victoire ultime, on gardera surtout l’incroyable retournement de situation que les Eléphants nous ont servi. Emerger d’un naufrage au premier tour pour ensuite remporter le trophée, cela n’arrive pas tous les ans et surtout ce n’est pas à la portée de toutes les équipes. Et c’est ce parcours exceptionnel, inédit même, qui confère à cette victoire une saveur toute particulière. Si particulière que tout le monde l’associe au miracle, à quelque chose d’inexplicable. Au point qu’au-delà du football, ce parcours singulier de l’équipe ivoirienne doit nous inspirer et nous guider au quotidien. Parce qu’il est essentiellement question de résilience.

Tous les ouvrages sur le développement personnel l’enseignent : l’échec, ce n’est pas le fait de trébucher, mais celui de ne pas se relever. Eh bien, Emerse Faé et sa bande semblent avoir particulièrement bien assimilé cette maxime. Parce qu’au soir du 22 janvier dernier, alors qu’ils venaient de se faire laminer (4-0) sur leurs propres installations, par l’impressionnante équipe équato-guinéenne, les joueurs ivoiriens étaient bien au fond du trou. Ce soir-là, en dépit du trait d’humour qui les caractérise, les supporters ivoiriens n’avaient pas caché leur déception, leur amertume. C’est pourtant cette même équipe qui, hier soir, devant des supporters conquis et en extase, a soulevé le trophée de la compétition, en venant à bout des Super Eagles qui les avaient battus au premier tour.

Signe du destin

Ce qui s’est passé entre ces deux moments, c’est à chacun de lui donner un nom. Mais à coup sûr, il y a eu de la résilience. Autrement, cette capacité à se remettre des pires déceptions, à surmonter les plus sombres désillusions et à guérir des plus atroces blessures. Bien sûr, cela se travaille au mental. Dans le cas de l’équipe ivoirienne, les joueurs, aidés par le nouveau staff technique appelé à la rescousse, ont saisi l’ultime chance qui s’était offerte à eux : la qualification in extremis pour les huitièmes de finale. Alors qu’ils avaient perdu tout espoir de poursuivre la compétition, cette qualif’ facilitée par la victoire du Maroc contre la Zambie, ils y ont vu un clin d’œil du destin. Et cet ultime signe, ils savaient qu’ils devaient le saisir. Cette dernière aubaine, ils avaient conscience qu’ils ne devaient pas la louper s’ils veulent reconquérir les cœurs de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens.

Face aux Lions de la Téranga, le tournant !

Dès lors, le match face au Sénégal en huitième de finale devenait une mission à part entière. Face à cet adversaire archi-favori, les options étaient simples : se faire battre et ainsi confirmer les impressions négatives laissées lors du premier tour ou l’emporter et se remettre en selle. Justement, la victoire contre les Lions de la Téranga est de beaucoup dans la métamorphose des Eléphants de la Côte d’Ivoire dans cette compétition. Cette victoire-là a décuplé la confiance et la détermination dans les rangs de l’équipe d’Emerse Faé. Une disposition mentale qui n’a fait que se renforcer au gré des futures victoires que l’équipe devait remporter. Ce n’est donc pas si surprenant si le Nigéria qui l’avait pourtant battue au premier tour, était méconnaissable dans la finale d’hier soir.

Marabouts et charlatans

C’est donc toute une leçon de vie que l’on peut tirer du parcours victorieux des Eléphants de Côte d’Ivoire dans cette 34ème Coupe d’Afrique des Nations. Qu’aucun prestidigitateur ou marchand d’illusions ne vous convainc d’avance que tout est perdu pour vous. Que marabouts ou charlatans ne vous dissuadent pas de continuer à vous battre. Rien n’est écrit d’avance. S’il en était besoin, la Côte d’Ivoire de Franck Kessié, Sebastien Haller, Simon Adingra et Cie vient de le prouver de la meilleure des manières. Bravo donc pour ce sage rappel qui servira au-delà du stade d’Edimpé !

Boubacar Sanso Barry

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