Ruée vers l’or et explosion des prix des loyers à Gaoual : les enseignants saignent

2 weeks ago

LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

En plus de l’exploitation anarchique de l’or avec toutes ses conséquences environnementales, Gaoual vit une autre réalité socioéconomique. Il s’agit de l’augmentation considérable du prix de la location. Et parmi les plus victimes de cette dure réalité, figurent en première place, les enseignants de Gaoual qui trouvent cette situation insupportable.

D’ailleurs, ces derniers temps, de nombreux enseignants ont été délogés, menacés de délogement ou subissent l’augmentation fantaisiste du prix du loyer.

Dans la commune urbaine, les victimes sont nombreuses. Au lycée de Gaoual, 5 enseignants titulaires sur 8, au collège 2 et 7 pour les six écoles de l’élémentaire sont dans cette situation orchestrée par l’exploitation minière. Pour la sous-préfecture de Kounsitel, deux enseignants de l’élémentaire sont également concernés.

Selon nos informations, le pire est que ce sont les propriétaires des maisons qui s’attaquent aux familles des enseignants. C’est le cas de Maurice Zézé dont la femme a été battue par son locataire. Ce qui est encore déplorable,  il n’y a même pas de préavis.

Samuel M’bemba Wendouno est l’une des victimes : “j’étais dans un bâtiment à trois (3) chambres où je payais 300 mille GNF. Mais après l’arrivée des orpailleurs, mon locataire m’a dit de payer 900 mille. Un jour, il m’a demandé  la clé du bâtiment pour soi-disant réparer la porte  de ma chambre. Mais quand je suis venu la nuit, j’ai trouvé la maison remplie d’orpailleurs. Quand je lui ai demandé, il me dit qu’ils sont à son compte. Je lui ai dit comment ils peuvent être à ton compte tandis que j’ai pris tout le bâtiment en location.

Après, je lui ai dit maintenant de me dire le prix de ma chambre où se trouvent mes bagages. Il m’a dit à 200 mille. J’ai accepté sans discuter. Mais quand je suis sorti, et qu’il menaçait de pleuvoir, je me suis précipité pour rentrer.

Malheureusement, j’ai trouvé une femme en train de laver la chambre. Qand je lui ai demandé elle me dit que le propriétaire lui a dit qu’il vous a donné un préavis que vous n’avez pas respecté. C’est comme ça qu’on m’a délogé”.

Interrogé sur le sujet, le directeur préfectoral de l’éducation Kabinet Koïta réagit : « Si on a un problème aujourd’hui à Gaoual, c’est le délogement des enseignants. Il y a parmi eux qui ont fait plus de 10 ans parce qu’ils sont soucieux de l’avenir des élèves. Ils ont formé beaucoup de cadres.

Tous les jours, je reçois des enseignants qui se plaignent du délogement. Pour certains, on ne leur donne même pas de préavis. À mon tour, j’ai informé le préfet et le maire sans suite favorable.

Vendredi, une délégation des enseignants est venue me rencontrer à ce sujet. Je leur ai dit de m’attendre jusqu’au lundi 22 novembre (aujourd’hui) pour qu’on parle de ça. Après je remonterai l’information à mes supérieurs. C’est à Gaoual seulement que vous allez voir un enseignant pour 4 salles de classes. Et à Koumbia, quatre écoles sont fermées par manque d’enseignants. »

Les enseignements, quant à eux, ont rédigé un mémo qu’ils déposeront chez le DPE. Ce mémo contient les points suivants : le relogement des enseignants délogés, la baisse du prix du loyer au prix habituel avant l’exploitation de l’or, la réclamation des bâtiments administratifs de l’éducation.

Faute de quoi, sans suite favorable, nous userons de tous les moyens légaux pour nous faire entendre.

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