Réquisition procès 28 sept. 2009: « le parquet se moque du tribunal et du peuple de Guinée » (Me Pépé, avocat de Dadis)

1 week ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous maintenant.

Poursuivi entre autres pour complicité de meurtres, assassinats, tortures séquestration, violence volontaire, viol, pillages et vol de marchandises, les avocats du capitaine Moussa Dadis Camara se succèdent pour leurs plaidoiries devant le tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d’Appel de Conakry.
Ce mardi 11 juin 2024, le temps a été accordé à Me Pépé Antoine Lama de plaider pour l’ancien président de la transition de décembre 2008 à décembre 2009.

À l’image de ses prédécesseurs, cet avocat n’est pas allé par mille chemins pour articuler ce qu’il qualifie de l’absence des preuves contre les accusations contre le capitaine  Moussa Dadis Camara. Selon lui, aucun élément du dossier et aucun élément d’un témoin prononcé ne collaborent avec les faits pour lesquels Dadis est renvoyé devant ce tribunal criminel et que ce dernier ne servira pas de cobaye dans cette procédure.

Au président du tribunal, aux  accesseurs, Me Pépé Antoine Lama dira que ce procès est injuste, discriminatoire. « Au terme d’une instruction bâclée et orientée, le capitaine Moussa Dadis Camara et des innocentes personnes réputées près de lui ont été sélectionnés dans des conditions déplorables pour être renvoyés devant ce tribunal et d’autres croupissent aujourd’hui et attendent d’être traduits également devant le tribunal. Au terme d’un réquisitoire saccadé, incongru, discriminatoire nourri de contrevérités, le ministère public au bout d’un raisonnement partisan très léger , désarticulé a requis des peines lourdes contre le président Moussa Dadis Camara », croit savoir cet homme en robe noire.

À en croire Me Pépé Antoine Lama, il peut le dire sans se tromper que le ministère public a manqué au rendez-vous de l’histoire, il a déçu la société au nom de laquelle il a reçu mandat d’agir dans cette procédure, vu la lourdeur des peines prononcées. « La condamnation à perpétuité requise par le ministère public a fait jaser dans la cité et même en dehors de ce pays. L’erreur du menuisier qui lui confère le privilège d’être assis sur le même plateau que le tribunal et de porter les mêmes robes rouges que vous et vos deux assesseurs  a potentiellement contribué à amener certains citoyens à prendre pour acquis ces réquisitions incohérentes, impertinentes et vides de la matière juridique. Comment pouvez-vous dans un procès aussi médiatisé requérir les mêmes infractions contre les accusés, souligner l’absence de circonstances atténuantes pour tous les accusés et proposer des peines différentes? Quelle injustice? De qui il se moque dans ce prétoire? Le parquet se moque du tribunal, de nous et du peuple de Guinée ».

Par ailleurs ce professeur de Droit dans l’une des plus grandes universités de la Guinée et membre au Barreau de Guinée de rappeler ceci: « Lors des interventions de ceux qui nous font face, je me suis par moment interrogé sur la question de savoir si nous sommes réellement dans le même dossier? Si nous avons suivi les mêmes débats? Si nous avons affaire avec les mêmes accusés? Tellement que je me retrouvais pas dans les discours de ceux qui nous font face que ça soit nos trois voisins et nos confrères de l’autre côté, tellement que les contre-vérités étaient grotesques mais ce qu’ils oublient, nous sommes à un stade où la force des mots ou la manie de la langue de la Molière ne suffisent plus pour établir un fait en l’absence de preuve ».

Mamadou Yaya Barry 

Read Entire Article
Articles - News - SiteMap