Renouvellement du bureau du CNOPG :  les membres à couteaux tirés sur les critères d’éligibilité  

2 weeks ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

« Certes, il existe des mentors cachés qui, par leur caractère népotique, tentent d’amener des individus ne répondant pas aux critères […]. Les candidats qui nous sont présentés pour l’élection à l’ordre ne répondent pas aux critères. Si l’on admet des personnes ne respectant pas les lois pour diriger l’ordre, cela ne mènera qu’au désordre. »

C’est en ces termes qu’un membre sortant du bureau de l’Ordre des Pharmaciens a exprimé son désaccord face au non-respect des règles d’éligibilité à cette instance sanitaire. Cette réaction intervient en prélude aux élections pour le renouvellement du bureau du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens de Guinée, prévues le 1er juin prochain.

Le Dr Abdourahamane Kanté dénonce avant tout un système de parrainage dans le processus de soumission des candidatures qui, aujourd’hui, met en avant des candidats inéligibles.

« Les candidats qui nous sont présentés pour l’élection à l’ordre ne répondent pas aux critères. Il s’agit notamment des candidats possédant leur propre pharmacie privée, occupant des postes dans la fonction publique, siégeant souvent au conseil d’administration des sociétés grossistes-répartiteurs, ou exerçant en tant que délégués médicaux. Or, toutes ces fonctions entrent en conflit avec la morale et l’éthique de la pharmacie. Mais surtout, il existe des mentors cachés qui, par leur caractère népotique, tentent d’amener des individus ne répondant pas aux critères », a-t-il dénoncé.

Dans de telles circonstances, ce pharmacien estime que ces candidats ne peuvent pas jouer un rôle de moralisateur ni être équitables. Car, ils sont en situation de conflit d’intérêts. C’est pourquoi il alerte : « il est nécessaire de rejeter toutes ces mauvaises candidatures et d’ouvrir la voie aux pharmaciens vertueux, soucieux de notre secteur, prêts à s’engager pour l’honneur et l’indépendance de la pharmacie guinéenne, qui présenteront leur candidature et feront honneur à la profession. »

Par ailleurs, notre interlocuteur insiste sur le fait que la loi précise que pour être éligible à la tête de l’Ordre des Pharmaciens ou pour voter, « il faut être un pharmacien régulièrement inscrit à l’ordre, être à jour dans ses cotisations, notamment pour l’exercice 2023, et avoir une expérience de sept ans dans le domaine. De plus, le diplôme doit être enregistré une seule fois. Car, chaque pharmacien doit être inscrit à un tableau. Ainsi, aucun pharmacien ne peut s’inscrire sous deux tableaux. Cela est la loi. »  Puis d’ajouter : « le président de l’ordre doit provenir du secteur privé. »

De l’autre côté, le Dr Yamoussa Youla, l’un des candidats mis en cause, n’a pas manqué d’arguments pour battre en brèche les accusations du Dr Kanté. Il reconnaît être fonctionnaire d’État mais affirme que cela ne constitue en aucun cas un obstacle à sa candidature. « Je suis employé dans l’enseignement supérieur. Je suis enseignant à Gamal, et la loi pharmaceutique autorise cela. Pour ceux qui connaissent les textes, ils savent que théoriquement, il n’y a pas d’obstacles », a-t-il indiqué. Il insiste sur le fait que la commission chargée du renouvellement a déjà exigé que les candidats démissionnent de la fonction publique pour valider leur candidature, et que se conformer à ces principes, est crucial.

« Nous avons respecté ces exigences et aujourd’hui, si un obstacle se présente, c’est au niveau de l’administration qui retarde parfois le traitement des dossiers », a-t-il précisé.

En outre, ce candidat estime que tout est fait délibérément pour éliminer sa candidature qui, selon lui, bénéficie du soutien unanime des pharmaciens.

« La commission a parfois manqué de cohérence, elle a même imposé un critère d’âge (40 ans). Aucune loi n’établit une telle condition pour briguer la présidence de l’Ordre. Tout cela est fait délibérément pour éliminer ma candidature, car je suis perçu comme jeune… J’ai l’expérience d’avoir servi dans le bureau sortant, les compétences requises et les qualifications pour être président. »

Il convient de noter que nos tentatives auprès du ministère de la Santé pour mieux éclairer l’opinion sur tous ces branle-bas en cours pour l’élection du président de l’ordre des pharmaciens, sont restées vaines.

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