PROCES DU COLONNEL MAMADOU ALPHA BARRY : le plaignant explique comment son argent a disparu

3 weeks ago 20

Par LEDJELY.COM4 novembre 20204 novembre 2020

Poursuivi pour vol par l’opérateur économique Ibrahima Diallo, le procès du colonel Mamadou Alpha Barry, ancien porte-parole de la gendarmerie, a repris ce mercredi 4 novembre au Tribunal militaire de Kaloum avant d’être renvoyé pour le 11 novembre prochain. L’audience de ce mercredi a été consacrée aux explications du plaignant et à la partie civile qui est revenue sur les circonstances qui incriminent le haut responsable de la gendarmerie guinéenne.

Le plaignant Ibrahima Diallo, devant les juges, a assuré que lors de son interpellation, il n’avait pas donné l’autorisation au colonel Mamadou Alpha Barry de prendre la somme d’argent au cœur de cette affaire judicaire qui est de 165 millions de francs guinéens. « Quand je suis venu avec les agents à la gendarmerie régionale à Dixinn, j’ai croisé à la rentrée le colonel Mamadou Alpha Barry qui m’a dit : ‘’Mon oncle, je t’ai pourtant dit de prendre soin de toi’’. J’ai rétorqué en disant : ‘’Comment ça prendre soin de moi ?’’ Il a répliqué en me demandant que se passe-t-il. J’ai répondu que je ne sais pas ce qu’on me reproche. C’est après ça, il est venu me trouver pour me dire que son patron demande 12 millions de francs guinéens pour ma mise en liberté. Je lui ai dit que je n’ai pas toute cette somme, en lui rappelant que mes activités ne marchent pas actuellement. Il est parti et est revenu me dire de payer 7 millions de francs guinéens, je lui ai dit encore non. Il m’a demandé si j’ai l’argent dans ma voiture, j’ai dit que oui. Il m’a proposé à ce que j’accepte que mon argent soit transféré dans son véhicule, j’ai dit non », a-t-il expliqué.

Selon Ibrahima Diallo, jusqu’à son interpellation, il ne savait les raisons. ‘’Quand j’étais à la gendarmerie régionale de Dixinn, on ne m’a pas dit les raisons de mon interpellation. Ils m’ont seulement dit qu’il y a Balla Samoura qui veut me voir, qui d’ailleurs je n’ai pas rencontré. On m’a déféré à Matam. Et c’est à Matam qu’on m’a dit qu’on me reproche d’être l’un des financiers du FNDC. Mais j’ai été libéré 2 jours après grâce à mon avocat. Le colonel Barry a dit qu’il a pris un huissier et un avocat. Cet avocat est venu après que j’ai déjà recouvré ma liberté. Je lui ai dit mais moi je n’ai pas demandé à ce qu’Alpha Barry prenne un avocat pour moi. Et colonel Barry dit avoir pris l’huissier pour venir faire le constat sur mon véhicule. Je me suis demandé pourquoi prendre un huissier ? C’est après ça que j’ai compris qu’il a prélevé quelque chose sur mon argent ».

Et d’ajouter : « Avant que je ne sois déféré à la gendarmerie de Matam, j’ai confié ma clé, ma voiture et le contenu de ma voiture au colonel Barry. Les gendarmes n’ont pas fouillé mon véhicule et ils ne savaient même pas que j’avais de l’argent dans mon véhicule. Seul le colonel Barry en était informé. Mais je ne lui ai pas dit la somme qui était dans mon sac et je ne lui ai jamais dit non plus de prendre de l’argent ou que je vais lui donner de l’argent. Le colonel Barry ne m’a rendu aucun service. Il n’est même pas allé me voir à la gendarmerie de Matam. J’allais lui donner quelque chose s’il n’avait pas gâté la confiance ».

Quant au montant qui était dans sa voiture, M. Diallo a précisé : « Lui, il parle de 2 milliards 500 millions de francs guinéens, c’est faux. Ce n’est pas ça. J’avais 35 milles dollars, 22 milles euros, 3 millions 200 mille francs CFA, 20 millions de francs guinéens et 300 milles francs suisses. C’était pour aller rembourser des dettes. Cette somme que j’avais dans mon sac n’atteignait pas 2 milliards 500 millions de francs guinéens. Et il n’y avait pas de faux billets non plus dedans comme il l’a fait savoir. Il a déjà remboursé 9 000 dollars à la gendarmerie et au tribunal ici 50 millions de francs guinéens. Et il lui reste 140 millions francs guinéens » à rembourser.

Du côté de la défense, par la voix de Me Salifou Béavogui, on a demandé à ce que les montants remboursés par son client soient placés directement à la greffe jusqu’à la fin du procès. Une demande rejetée par le juge qui a renvoyé l’affaire au 11 novembre prochain pour la projection de la vidéo, la réquisition, les plaidoiries et la décision du tribunal.

aBalla Yombouno

Lire L Article En Entier