Pita: la filière de la pomme de terre en "danger" à Timbi-Madina…

1 week ago 15

TIMBI MADINA-Durement frappés par la mévente l’année dernière, à cause de l'apparition de la pandémie de Covid 19, les producteurs de pomme de terre, dans la sous-préfecture de Timbi Madina, peinent à sortir la tête de l'eau. Cette saison, la campagne agricole a eu du mal à démarrer convenablement à cause du retard enregistré dans la livraison des intrants (semence et engrais). La campagne a connu un retard d’un mois. Ce qui constitue une source d'inquiétude pour les producteurs. Mais ce n'est pas tout. 

La saison culturale démarre avec un lot d'inquiétudes chez producteurs agricoles dans la sous-préfecture de Timbi Madina. Pour sauver la campagne, il a fallu l’assistance de la Fédération des paysans du Foutah Djallon qui a aidé les producteurs de pomme de terre à s’approvisionner en engrais et en semence. Inquiets, les agriculteurs interpellent l'Etat, car même s'ils ont pu semer en dépit de tout, un autre obstacle se dresse devant. Comment écouler la production alors que les frontières terrestres sont fermées? 

« C’est grâce à l’appui d’un projet que nous avons repris la production, on avait eu assez de difficultés. La crise nous a beaucoup fatigués, mais Dieu merci, j’ai semé. Nous irriguons et ça commence à pousser. J’ai semé le 11 décembre, je m’attends à une récolte au mois de mars, le souci que nous avons aujourd’hui c’est comment vendre. Nous sollicitons l’aide pour pouvoir vendre. La fermeture des frontières nous inquiète beaucoup, car à défaut d’écouler la récolte vers l’étranger, on risque de perdre notre investissement », s’inquiète Aissatou Lamarana Diallo productrice rencontrée dans son champ.

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Boubacar Diallo et sa mère trouvés dans leur champ agricole étendu à perte de vue, expliquent qu'ils ont aussi rencontré des difficultés au début. Mais, aujourd'hui, ils sont contents que leur problème soit résolu.   “Maintenant, le plus urgent du travail reste l’amortissement. Là, il ne faudrait pas que l’eau manque entre les plants, elle ne doit pas aussi excéder. Hormis le problème d’amortissement, il n’y a pas de soucis à ce moment. Si les techniciens donnent l’eau, le résumé d’emploi, le moteur doit être disponible. Mais au début, cela a causé des problèmes. C’est pourquoi, jusqu’à présent, certains sont en retard dans la production. Nous demandons de nous soutenir pour qu’on gagne au moment voulu de l’eau, qu’on ne reste pas près de dix jours sans arroser», sollicite Bouboucar.

Alseny Diallo, quant à lui, a préparé très tôt son champ pour cette campagne agricole. Il espère une bonne récolte. Mais, en ce qui concerne l'écoulement, il s’inquiète de la fermeture des frontières.  « Nous avons eu tous les intrants liés à la production de la pomme de terre, nous gagnons l’eau en abondance, les plants commencent à bien germer. Je pense que cette année sera différente de la dernière. Nous avons quelques soucis pour la vente.  Les activités sont aux ralentis, nous avons des doutes sur comment vendre avec la fermeture des frontières. Si on ne nous donne pas la possibilité de vendre dans les pays voisins, notre récolte va pourrir et nous n’aurons pas de bénéfices», explique ce producteur.

De son côté, Mamadou Sylla affirme que la pandémie du coronavirus à fait perdre plusieurs producteurs l’année dernière, mais grâce à l’appui des partenaires, les producteurs de la filière pomme de terre ont reçu des intrants pour reprendre la production.

« Nous avons très mal vendu l’année dernière. Pour la campagne, la fédération avait commandé ses engrais à Dakar et l’arrivée de ses engrais a coïncidé à la fermeture des frontières. Nous n’avons pas pu recevoir ces engrais à temps. Donc, ce qui a fait qu’il y a eu, au moins, un décalage d’un mois sur le calendrier habituel de plantation qui devait démarrer, en principe, en début novembre. Mais cette saison elle n’a réellement démarré qu’en début décembre » précise ce technicien à la Fédération des paysans du Foutah djallon.  

La fermeture des frontières greffée à la crise sanitaire inquiète les producteurs de la pomme de terre qui garde toujours le mauvais souvenir des pertes enregistrés l’année dernière.

Un reportage de Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

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