NEW YORK : le président Embalo reçoit le soutien de ses homologues de la CEDEAO

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LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Par LEDJELY.COMvendredi 23 septembre 2022 à 15:08

Est-ce une réaction du sommet de la CEDEAO aux sorties peu amicales que le colonel Amara Camara et le premier ministre, Bernard Goumou, ont réservées au président Umaro Sissoco Embalo ? Contrairement aux allégations du porte-parole de la présidence guinéenne, les dirigeants des pays de la sous-région ont-ils voulu marteler que les prises de position du président de la Guinée Bissau n’avaient rien de solitaire ? En tout cas, un des points du communiqué final de la rencontre est relatif à l’hommage auquel le président en exercice de l’institution a eu droit de la part de ses homologues, pour sa gestion des crises dans la sous-région.

Elu à la tête de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO début juillet, Umaro Sissoco Embalo vient de piloter son tout premier sommet de l’institution. Mais d’ores et déjà, du côté des autorités de la Transition en Guinée, on conteste son bilan à la tête de l’institution. Les brouilles entre Conakry et Bissau ont commencé quand, à la suite de son séjour en Guinée le 20 juillet, Embalo, profitant du déplacement d’Emmanuel Macron à Bissau, le 28 juillet, a déclaré : « J’étais à Conakry avec le président de la Commission (de la Cédéao) pour faire comprendre à la junte militaire la décision du sommet des chefs d’État que la transition ne peut pas dépasser les 24 mois. Eux avaient proposé 36 mois, mais on a réussi à les convaincre ». Les autorités de Conakry, à travers notamment des publications du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, s’étaient empressées de démentir. Aucun prétendu accord sur la durée de 24 mois n’avait été conclu, disait en substance, le ministre Mory Condé.

Et quand, le mardi dernier, dans un entretien accordé à RFI et France 24, le même Embalo a réitéré le refus ferme que la CEDEAO entend opposer à une durée de Transition de 36 et qu’à la clef, il a brandi des menaces de « lourdes sanctions », les autorités guinéennes ont sorti l’artillerie lourde. D’un côté, le colonel Amara Camara, ministre secrétaire général et porte-parole de la présidence de la République, a dit de ses propos qu’ils étaient « mensongers ». Tandis que de l’autre, le PM, Dr. Bernard Goumou le traitait à la fois de « guignol dans un manteau de Chef d’Etat » et « d’amuseur public ». En outre, le colonel Amara s’est évertué dans sa déclaration, à isoler le président en exercice de la CEDEAO. Ainsi, a-t-il dit de la sortie d’Embalo qu’elle était « solitaire » et insinué que ce dernier parlait et décidait « à la place de ses pairs avant même de les avoir consultés ». Sur le même registre, le colonel Amara Camara a également flétri les « prises de positions personnelles au mépris de ses homologues présidents », depuis son arrivée à la tête de l’institution sous-régionale. Bref, il y avait là une volonté d’isoler le président de la CEDEAO des autres dirigeants ouest-africains.

Mais la manœuvre ne semble pas avoir fonctionné. En tout cas, à en juger tout d’abord par les sanctions qui ont été prononcées. Mais au-delà, les chefs d’Etat et de gouvernement ont tenu à rendre un « vibrant hommage à S.E Umaro Sissoco Embalo, Président de la République de Guinée Bissau, Président de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, pour son leadership dans la gestion des affaires de la Communauté ». Habituellement, cette formule finale est consacrée au président qui accueille la rencontre pour le féliciter du succès du sommet. Mais cette fois, on met en exergue le « leadership (de Embalo), dans la gestion des affaires de la Communauté ». Cette mention n’est certainement pas sans lien avec les attaques que le président de la Guinée Bissau vient d’essuyer de la part des autorités guinéennes.

Ledjely.com

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