Manque d’électricité en Guinée : Faya pointe “ceux qui étaient autour du général Lansana Conté dans les années 90”

1 week ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

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Le délestage du courant continue son cours malgré l’approche à grand pas de la saison pluvieuse. Cette dégradation de la desserte de l’électricité dans les ménages aussi bien à Conakry que dans certaines villes de l’intérieur du pays soulève assez de débats. Pour certains, ladite crise énergétique s’expliquerait par l’incapacité des autorités au pouvoir à trouver les vraies voies de transport du courant, du barrage vers les zones de consommation, même si l’État lui s’appuie sur des réalités climatiques liées à la pluviométrie.
Soutenant cette thèse samedi, le président du parti Bloc Libéral (BL) a pointé d’abord la dégradation de l’environnement par l’action anthropique, avant d’indiquer que la Guinée ne peut rêver à une souveraineté énergétique sans des solutions alternatives et innovantes.

« Il est important qu’on se dise qu’en Guinée, des vraies solutions doivent être trouvées (…) Mais tout d’abord, il faut dire que nous faisons trop de mal à nous-mêmes, parce que l’environnement aujourd’hui est complètement détruit. Nous sommes au mois de juillet, ce que le Gouvernement dit peut se vérifier. Il n’y a pas d’eau dans les barrages. Mais à quel mois il y aura l’eau dans les barrages ? La pluviométrie telle que nous l’avions dans les années 40, nous n’avons pas la moitié aujourd’hui. La cause? La source première d’énergie dans notre pays, c’est le charbon de bois. C’est pourquoi on ne doit pas s’étonner qu’on n’ait pas d’eau. C’est lié à notre fait », a mentionné Dr Faya Lansana Millimouno.

À date, qu’est-ce qu’il faut pour y remédier ? Le chef de file du BL répond :

 » Il faut aujourd’hui envisager des solutions alternatives immédiatement. Commencer à travailler, à reconstituer le couvert végétal guinéen et ça, ça doit amener des grands moyens. Premièrement, il faut que nous ayons une tolérance zéro face aux feux de brousse. Deuxièmement, il faut que la coupe de bois cesse et immédiatement. Si l’État veut sauver la forêt guinéenne, on peut aller vers des solutions alternatives: le gaz par exemple. Même si on le subventionnait, on ramènerait le souffre aux guinéens. Il y a d’autres alternatives qu’on peut utiliser aujourd’hui, parce que, pour 10 ans, pour 20 ans encore, il ne faut pas qu’on trompe les Guinéens. Il n’y aura pas l’eau dans les barrages, parce que la pluie ne tombe pas.

Donc, quelles alternatives nous avons, nous pouvons nous orienter vers l’éolien. Nous pouvons nous orienter vers le solaire. Il fait soleil en Haute-Guinée, du 1er janvier au 31 décembre. Il y a d’autres solutions qu’on peut envisager, mais il faut que la consommation de charbon, qu’on exporte d’ailleurs aujourd’hui vers le Sénégal, vers le Mali, que cela cesse. Que la rentrée par centaine, de milliers de zébus qui détruisent nos restes de la forêt, s’arrête. Les bœufs qu’on a l’habitude d’élever ici, ne broutent pas les feuilles des palmiers. Mais les zébus broutent jusqu’aux racines », a-t-il signifié.

Menace de nos forêts par la coupe, les mineset les zébus!

Au temps d’Alpha Condé, rappelle le leader politique, les Guinéens ont été témoin lorsqu’on a dit, « les tronçonneuses peuvent rentrer dans Ziama, c’est la seule réserve qui nous restait… Il n’y a pas de forêts même en Guinée forestière aujourd’hui. Donc, on ne doit pas s’étonner qu’il n’y ait pas d’eau dans les barrages ».

 » Cette déforestation qui se fait sous nos yeux, en plus de tout ce qu’on connaît de destruction de l’environnement par les miniers, parce qu’on a fait un grand bazar des mines guinéennes aujourd’hui, chacun veut prendre et tout de suite… Le jour où on va prendre la dernière tonne de bauxite, la dernière tonne de fer, le dernier carat du diamant, le dernier gramme d’or…, que seront nos enfants et nos petits enfants ? », s’est interrogé Dr Faya, indiquant que le problème, il est global et, il faut des solutions globales et innovantes.

 » Si ceux-là qui étaient autour du général Lansana Conté dans les années 90, avaient compris qu’il fallait mettre des produits financiers en place pour que les guinéens investissent, nous serions aujourd’hui exportateurs d’énergie au lieu d’être dans le tour-tour comme c’est encore le cas », a-t-il regretté.

Sâa Robert Koundouno

(+224) 620-546-653

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