Macenta: les détenus  martyrisés, le régisseur arrêté et auditionné » (révélations de l’inspection du ministre Wright) 

1 week ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

16 ans après la destruction de la prison civile de Macenta lors des événements de 2007, la préfecture aura à nouveau une nouvelle prison. La pose de la première pierre de la construction de cette nouvelle bâtisse a été faite ce lundi 23 janvier 2023 par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme qui séjourne depuis samedi nuit dans cette ville, où il a commencé à servir en tant que magistrat. 

Après un tour chez les notables où il a passé un message de paix et d’entente, Alphonse Charles Wright s’est rendu le dimanche 22 janvier, à la maison des jeunes pour expliquer aux citoyens leurs droits et devoirs vis-à-vis de la justice. Dans la matinée de ce lundi, Alphonse Charles Wright s’est rendu au Tribunal de Première Instance de Macenta pour échanger avec les magistrats et le régisseur.

TPI de Macenta

Au commissariat central qui accueille la cinquantaine  de détenus qui y séjournent dans des conditions exécrables, les enquêtes révèlent que les détenus se lavent qu’une seule fois dans le mois et la presque totalité des détenus ont contracté la gale. Et vu toutes les conditions carcérales des detenus,  il s’est avéré que le régisseur procède à des rackets. Devant le Procureur de la République de cette juridiction, le Garde des Sceaux a indiqué que la corruption dans les postes de police et de gendarmerie, c’est de sa faute avant d’instruire de respecter le délai des procédures et vu toutes ces irrégularités le régisseur a été interpellé pour être auditionné. 

début de la construction d’une prison civile à Macenta

Pour pallier cette irrégularité, le Garde des Sceaux a instruit aux autorités locales et administratives de trouver un terrain pour la construction d’une prison civile en urgence, ce qui fut fait. Et immédiatement il a procédé à la pose de la première pierre et au démarrage des travaux. À en croire Alphonse Charles Wright, « ça ne sert à rien de dire que les autres n’ont rien fait, que ce que nous nous devrions faire pour que la situation change. Les protocoles tuent les projets. On a déjà un grand projet avec une grande entreprise, toutes les formalités de l’appel d’offres sont finies mais en attendant que cela ne soit validé par le Ministère de l’Économie et des Finances,  on ne peut pas passer sous silence ce désastre humain qui se passe à Macenta. C’est raison pour laquelle j’ai pris cette disposition. On va tout de suite doter ce site d’un forage. Deuxièmement, dans 2 ou 3 semaines, Macenta va avoir sa prison, cela va atténuer la peine des Macentakas. Vous avez vu quand l’imam dit lorsqu’un Macentaka est en conflit avec la loi ce n’est pas de gaieté de cœur de les voir transférés à N’zérékoré ou à Gueckédou. Il est important qu’ils purgent leur peine ici à Macenta, ça leur donne le droit d’être proche de leurs parents, les parents ont ce droit de visite et autres. Mais si le détenu est à N’zérékoré ou à Gueckédou vous voyez ce que ça fait. C’est pour corriger cette injuste que nous avons décidé de passer cette journée ici rien que pour construire cette prison ». 

Maire de Macenta

Le maire de Macenta, Genogo Guilavogui a dans une interview accordée à la presse exprimé toute sa satisfaction suite aux échanges fructueuses qui ont eu lieu entre le ministre et la population. « C’est un sentiment de satisfaction, cela a permis à toute la population de Macenta de connaître ce qu’elle ne connaissait pas. Parce que pendant les explications du ministre de la Justice, certains citoyens évoquaient les problèmes. Vous saviez, si vous ne connaissez pas votre droit, les gens agissent sur vous. Franchement cela a été un ouf de soulagement, il l’a (Charles Wright ndlr) dit publiquement ce qu’un prévenu doit faire à la police et à la gendarmerie. Désormais, personne n’acceptera de faire le contraire à leur présence », a-t-il précisé avant de revenir sur le cas de la prison: « Ce n’est pas pour une première, il y avait une prison civile ici, c’est lors de l’insurrection populaire en 2007 qu’elle a été démolie par la population. Il y a très fort longtemps qu’on n’avait plus de prison civile. Grâce vraiment au passage du ministre de la Justice, il a vu comment les détenus peinent dans les locaux des différentes cellules, dans les commissariats et gendarmeries, il dit que c’est inhumain raison pour laquelle, plus rapidement, il veut construire une prison civile pour que ces détenus puissent vivre humainement ».

Cette nouvelle prison dont d’exécution est d’un mois est composée de 4 cales de 6m/10 et de 2 douches chacune, pour une population carcérale de 80 personnes. Il y aura 2 cales pour les hommes, 1 cale pour les femmes et 1 cale pour les mineurs, une clôture interne et une cour intérieure pour séparer les compartiments des femmes et des hommes. Il y aura également 6 toilettes extérieures et une buanderie, a expliqué le responsable réhabilitations et infrastructures pénitentiaires,  M. Korémou Francis. 

Mamadou Yaya Barry depuis Macenta 

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