LETTRE OUVERTE :  »S’il vous plaît, CNRD, travaillons à la réussite de la transition ! »

2 weeks ago

LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Je lance un cri de cœur !

 Le cri de cœur d’un citoyen aimant et admirant votre action du 5 septembre 2021, mais soucieux du respect de la ligne édictée ce jour-là.

Cher CNRD, veuillez noter que je m’adresse à vous comme institution et non à un membre en particulier. J’emprunte cette forme pour vous exprimer mon attachement au rêve que vous avez suscité par l’acte du 5 septembre.

La joie de voir la justice présider désormais aux destinées de ce peuple.

Joie et rêve qui ont pris naissance dans les premiers mots du Colonel libérateur.

Des expressions comme « La justice sera la boussole qui orientera notre action », « Tous ensemble de Kaloum à Yomou », « Personne ne sera exclu », ont suffi à elles seules à rendre l’espoir à notre peuple martyr.

Rien qu’avec ces expressions sommaires mais pleines de sens, le CNRD s’est engagé consciemment à ouvrir un nouveau chemin pour la Guinée, un chemin d’espoir et de justice après 11 ans d’errements, d’approximation, d’exactions et d’arbitraire.  Ces expressions ont revêtu aux yeux de notre peuple tout entier une valeur de programme, un programme de rédemption, de refondation, de communion, de réconciliation vraie, de construction d’un Etat moderne et démocratique.

Cher CNRD,

Pour aller dans le sens de votre vision, vous avez fait le choix de consulter toutes les couches socioprofessionnelles de la nation pour recueillir leurs idées, vous avez annoncé de nobles principes devant régir la vie publique : patriotisme, compétence professionnelle, équité, probité morale et intellectuelle… Vous avez, des semaines durant, invité, trié, sélectionné des cadres que vous avez jugés bons, compétents, dignes de conduire la machine que vous alliez mettre en route.

Vous avez placé votre action sous le sceau de la justice et de la rectification institutionnelle. Dans mon entendement, une rectification institutionnelle est multidimensionnelle. Elle s’applique aussi bien aux institutions qu’aux hommes chargés de les faire fonctionner.

Notons, cher CNRD, que nous peuple, nous ne vous connaissons pas, nous apprenons à vous connaître. Nous vous connaitrons et vous apprécierons à travers vos actes. Vous membres du CNRD que nous ne connaissons toujours pas, vous ne vous connaissez pas non plus. Les membres du gouvernement que vous avez mis en place ne se connaissaient pas du tout. C’est dans vos actions et interactions de tous les jours que vous apprendrez à vous connaître et nous à vous connaître.

Vous venez tous d’horizons divers et variés : l’armée avec sa rigueur, le privé avec sa logique de résultats, le public avec ses principes classiques de l’administration, les ONG avec leur côté humanitaire … Vous avez moins de deux mois de vie administrative ensemble, vous êtes en période de construction d’une équipe qui démarre à zéro, parce que nous savons tous comment fonctionnait l’administration guinéenne.

Ce n’est pas pour rien que le Président de la Transition a engagé, et c’est une première en Guinée, la retraite « militaire » des membres du gouvernement à Kalia. J’ose espérer qu’il l’a fait pour que vous appreniez à vous connaître, à vous démystifier, à travailler ensemble, à dialoguer, à vous tolérer, à construire une équipe soudée et solidaire.

Cher CNRD, je commence à voir dans le fonctionnement de la machine gouvernementale des couacs qui, s’ils ne sont pas gérés avec adresse, rapidité et clairvoyance, pourraient introduire des grains de sable dans les engrenages.

Je le dis d’expérience. Vingt ans dans l’administration guinéenne, quatorze ans dans les institutions internationales, sept ans comme consultant international m’ont appris à voir la fumée annonciatrice de complications.

Loin de moi la prétention de vous dire ce que vous devez faire. Vous avez choisi d’agir le 5 septembre sans le conseil de quiconque, encore moins du mien. Mais SVP, posez-vous la question de savoir si vous dialoguez suffisamment, si vous vous concertez suffisamment, si vous vous tolérez suffisamment, si vos décisions sont suffisamment consensuelles, si l’esprit de « Kalia » est toujours et bien respecté.

Cher CNRD, continuez de nous faire rêver pour que des malentendus comme ceux issus de certaines décisions comme la rebaptisation de l’aéroport international de Gbessia, la restitution de la résidence de Bellevue à l’ancienne première dame, le limogeage de la ministre de la Justice et des droits de l’Homme, la nomination de promoteurs du 3ème mandat à des postes de responsabilité ne se reproduisent plus jamais.

Le limogeage de Madame la ministre de la Justice par exemple, exposé au public comme dans un scénario de film est un acte qui suscite des interrogations. Comment, pour avoir exposé son point de vue, un ministre peut-il, si facilement être démis de son poste ? Serions-nous dans une situation où un arbitrage interne n’existerait pas ? Ou bien la vérité exprimée avec force ne saurait être tolérée ? Comment ce limogeage pourrait-il être interprété par le commun des mortels ? Serait-ce un avertissement à ceux qui, comme elle, voudraient faire entendre leurs voix ? Ou alors pour dire, attention, ici on entend, on acquiesce et on se tait ? Voilà des questions qui, à mon humble avis demanderaient des réponses

Chers CNRD, Faisons vivre et survivre l’esprit du 5 septembre. Tous ensemble, dans un esprit d’équité, nous réussirons à faire de ce rêve une réalité pour le bonheur de la Guinée et du Guinéen. Nous en avons besoin. Et le 5 septembre est et doit être la chance pour la Guinée. Ne ratons pas ce RDV.

S’il vous plaît, CNRD.

Cri de cœur d’Amadou Oury Diallo

Citoyen guinéen

Consultant International en

Développement Rural

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