Les guinéens entre ‘’espoir et attente’’

4 months ago

LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Après 4 mois jour pour jour du changement de régime en Guinée, que faut-il retenir et projeter ? Certes le CNRD joue sa partition d’une différente manière. Il y a une volonté affichée de faire différemment.

On se rappelle que le 5 septembre dernier, un dimanche, jour où Kaloum (centre des affaires et des institutions de la République) ne reçoit pas du monde. Les Forces spéciales ont donc choisi ce jour pour passer à l’action. SEKOUTOUREYA siège de la présidence de la République est la cible principale, tout en prenant soin d’installer des dispositifs de blocus devant les différents camps militaires pour parer à toute éventuelle riposte. Le gros du contingent fonce sur le palais présidentiel, neutralise toute opposition, s'empare du président Alpha Condé et fait avec lui un road movie de SEKOUTOUREYA à koloma siège de la télévision nationale. Là, le colonel Doumbouya annonce en direct la prise effective du pouvoir et les couleurs des prochains jours, semaines et mois…

Depuis, beaucoup de choses ont été dîtes et faites. Alternant adhésion et contestations. Comme pour dire, aucune personne, aucune mesure où décision ne peut faire l’unanimité. Ainsi pour paraphraser Elliot Marie, « Allez à vos erreurs. Ils s’habitueront » fin de citation. Le colonel Doumbouya et ses hommes posent des actes qui sont applaudis, mais aussi contestés. N’est ce pas cela un début de démocratie vraie ?

Toujours est-il que comme promis, un gouvernement de Transition est en place. La justice devant être là boussole pour chacun et pour tous, se meuble par la création de nouveaux services pour non seulement traquer les délinquants économiques et financiers, mais aussi dire le droit et le faire respecter. De croustillants dossiers sont déjà sur les tables. Malgré le limogeage de madame la ministre garde des Sceaux, ces derniers jours, la machine judiciaire semble être  vers des travaux qui aboutiront très certainement à des procès.

Au jour d’aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers le CNT qui tarde encore à voir le jour et à être installé. Du retard certes, est enregistré dans son installation, expliqué par la pléthore de candidatures par rapport au nombre de places (81) à pouvoir. Il faut alors opérer très rapidement un tri et installer les 81 membres requis, afin qu’ils s’attèlent au vaste travail qui les attend, détaillé dans la Charte déjà promulguée. La durée de la transition, la rédaction d’une nouvelle constitution, son adoption par référendum sont entre autres les chantiers qui attendent cette dernière institution clé de la transition. Pendant ce temps les ministères continuent d’être meublés par de nouveaux arrivants. Après les ministres, les secrétaires généraux, les chefs de cabinet et des conseillers, il reste encore à installer les directeurs nationaux et directeurs généraux des différents services déconcentrés.

Il faut donc espérer un passage à la vitesse supérieure en ce début d’année pour les mois qui vont suivre. Mois qui feront très certainement objet d’adhésions et de contestations.

Ainsi, la seule chose qui pourrait aplanir les divergences serait de voir la justice entrer dans  « la danse » et voir les premières condamnations tombées. Mettre fin à la culture de l’impunité qui avait pris des proportions alarmantes dans le pays. Beaucoup d’autres problèmes endogènes et non des moindres attendent aussi pour s’inviter aux débats. La classe politique, la société civile entre autres.

Nous sommes en début d’année. Le premier trimestre sera déterminant dans les attentes qu’ont les uns et les autres, même si la question principale que se posent les guinéens est : LA TRANSITION DURE COMBIEN DE TEMPS ?

 

Aliou Ndoy BAH – GuineeTimes / 03 Janvier 2022

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