Lambanyi : descente musclée des forces de l’ordre dans les familles (témoins)

2 weeks ago

LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

La vente d’un terrain de proximité au quartier Wareyah dans Lambanyi situé dans la commune de Ratoma a provoqué ce samedi 08 janvier une vive protestation de la part des jeunes. Selon nos informations, depuis 4 heures du matin, ces manifestants ont barricadé la route obligeant ainsi tous les engins roulant à faire demi-tour.

Sur les lieux, nos reporters ont vécu un spectacle  désolant : des poubelles déversées dans la chaussée, des débris visibles partout, des douilles des gaz lacrymogènes à terre, des tables renversées, des kiosques déterrés, etc.

Pendant ce temps, gourdins en mains, casques au visage, les forces de l’ordre ont fait face aux manifestants déterminés à en découdre avec elles. Des jets de cailloux et des courses poursuites s’en suivent et les protagonistes s’offrent en spectacle.

Aux environs, boutiques et magasins sont fermés de peur d’être la cible des forces de sécurité dont l’attitude dans certains foyers a fait des blessés, des dégâts matériels importants, de vols d’argent.

Guineenews a constaté par endroit que des maisons ont été défoncées, de l’argent a été emporté.  On reproche également aux forces de l’ordre d’avoir proféré des injures grossières à l’encontre des femmes qui nous ont dit ignorer les raisons de ces agressions à domicile.

Seydouba Youssouf Camara a eu la vie sauve de justesse. Un pickup des forces de l’ordre a failli l’écraser, explique-t-il à la presse. En soins dans un centre médical du coin, il n’en revient pas. A vue d’œil, tout va bien pour ce jeune de ce quartier. Mais quand il soulève son t-shirt et descend son pantalon, vous voyez des blessures insoutenables.

Un pick-up de la gendarmerie a cogné ce citoyen contre un mur

Cependant, il se dit prêt à défendre cette parcelle (le terrain de jeu) vendue à un particulier dont l’identité ne nous a pas été révélée sur place. « L’acquéreur du terrain a envoyé 7 chargements de ciments pour débarquer. Nous sommes venus pour étaler ces ciments et nous avons vu 5 pick-up arrêtés devant la cour. Et d’un seul coup, ils ont commencé à lancer les gaz sur nous.  Nous nous sommes donc défendus en lançant des pierres. Les gendarmes ont lancé des gaz lacrymogènes qui ont étouffé beaucoup d’entre nous. Le pick-up est venu foncer sur moi et me coller contre le mur. C’est là que mes amis m’ont pris pour m’envoyer à la clinique », témoigne-t-il.

Poursuivant, il dira que « nous n’avons pas de centre de santé à Wareyah ici (Lambagni). Nous n’avons pas d’école primaire ici. On n’a rien ici. Tout ce que le gouvernement a dit faire  pour nous dans ce quartier, ils ont tout revendus. Donc cette maison des jeunes nous voulons la garder. Parce que depuis en 1998 on jouait au ballon là-bas. Les anciens chefs de quartier qui étaient là ce sont eux qui ont vendu tout ça ».

De son côté, Seydouma Soumah vit à quelques mètres du carrefour de Lambanyi. Sa concession a été victime de la part des forces de sécurité. Selon lui, elles ont jeté des cailloux sur le toit de la concession alors que personne ne manifestait là-bas. Revenant sur les mobiles de cette manif de ce samedi, il explique : « depuis notre enfance, cet espace était pour la jeunesse pour en faire un centre de santé. Mais l’ancien chef quartier (Abdou Soumah, ndlr) et son complice qui ont vendu ce terrain à un particulier. Ce que nous demandons à l’acquéreur, c’est de regarder la situation des jeunes. Aujourd’hui, dans le quartier il y avait 8 pick-up. Chez moi, il y avait des gendarmes. Ils ont laissé la route pour rentrer chez moi. Ils ont même gâté la porte de mon jeune frère qui était couché avec ses enfants. Nous on se demande ce qu’on a à faire dans cette histoire. Celui qui lui a vendu le terrain il a laissé cette personne pour s’attaquer aux familles ».

De son côté, M’mahawa Camara a sa maison attaquée. Au niveau de la porte et de la fenêtre, on peut voir les séquelles. Elle raconte ce qu’elle a vécu ce matin : « les gendarmes sont venus comme si on les avait indiqués la maison. Ils sont venus taper à ma porte et à ma fenêtre. Il y a même un qui a pointé son arme sur mes jumeaux et moi. J’ai demandé qu’est-ce que nous avons fait. Il n’y a aucun homme dans cette maison. Ils ont cassé tous mes sceaux et se sont arrêtés sur tous mes condiments.

Les dégâts causés par les forces de l’ordre

Les dégâts qu’ils ont causés, je ne peux le pardonner parce que je n’ai rien fait. Je n’ai jamais insulté un gendarme. Mais ils ont débordé. Jusqu’à venir pointer une arme sur mes enfants. Ils veulent donc nous tuer ? ».

Nous avons tenté en vain de rentrer en contact avec le chef de quartier, Jacob Sylla, qui a, apparemment, fermé son téléphone. Au siège du quartier, nous n’avons pu avoir de répondant.

Amadou Kendessa Diallo & Magnalen Traoré

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