KANKAN : ce qui pourrait expliquer la recrudescence du viol ces derniers jours (spécialiste)

2 weeks ago 18

Les cas de viol sur mineurs deviennent de plus en plus récurrents dans la commune urbaine de Kankan. En moins de deux semaines, cinq cas de viol sur des filles dont l’âge se situe entre 9 et 13 ans ont été notifiés par les services en charge des questions de l’enfance dans la ville. Ce matin, le chargé de l’enfance à Kankan a, au cours d’un entretien, avec le correspondant du Djely dans la région, a expliqué quelques raisons qui pourraient expliquer cette montée exponentielle du phénomène.

Le fait de société qui préoccupe plus d’un ces derniers jours dans la cité de Nabaya concerne le phénomène de viol sur mineurs. Plusieurs citoyens s’interrogent sur les vrais mobiles de la montée de ce phénomène dans la ville où la foi reste une valeur sûre des populations.

Selon Mohamed Keita, chargé des questions d’enfance à l’Inspection régionale de l’Action sociale, ces faits pourraient s’expliquer par « la consommation abusive de jus énergétiques ou de stupéfiants qui, une fois consommées, les dominent. Il y a aussi la mauvaise habitude liée au manque d’éducation sexuelle sur les adolescents. C’est pourquoi des jeunes sans informations s’attèlent à ces pratiques ignobles. Une autre explication pourrait être le temps de fraîcheur dans la région ».

Ces explications ne pas scientifiques. D’ailleurs, parmi les auteurs des récents cas de viol figure un père de quatre enfants, qui vit avec sa femme. C’est pourquoi, ajoute-t-il, l’imputé pourrait également avoir un rôle dans cette situation. « On pourrait aussi parler de la médiation à l’amiable, car la plupart des dossiers qui arrivent chez nous, il y a des plaidoiries autour pour tenter de résoudre l’affaire à l’amiable. Mais nous refusons catégoriquement puisque la procédure, une fois déclenchée, suit son cour normal jusqu’à la fin. Il y a aussi le fait que les jugements des cas de viol sont toujours organisés de façon discrète et tant que c’est comme ça, d’autres vont s’entêter à commettre des forfaitures ; et cela renforce la méconnaissance des lois réprimant les cas de viol », fait-il remarquer.

Et de souligner : « La démission des parents dans le suivi des enfants est aussi une facteur propice à l’émergence du viol dans une localité. Aujourd’hui, les parents préfèrent les marchés hebdomadaires que leurs enfants ».

Face à ce problème sociétal très inquiétant et pour y mettre un terme, notre interlocuteur propose : « Nous devons aujourd’hui inviter les parents à veiller sur les enfants à la maison et partout, où ils partent. Il faut punir les auteurs de ces crimes à la hauteur des forfaitures, organiser de façon publique les procès liés au viol pour décourager de potentiels candidats et intégrer les cours d’éducation sexuelle dans le programme scolaire ».

Au service Oprogem de Kankan, le travail suit son cour normal pour mettre la main sur les auteurs de ces crimes, a laissé un officier de police qui a préféré ne pas étendre de communication autour de cette situation jusqu’à ce que le travail arrive à son terme. Pour l’heure, nos tentatives pour être en contact avec les victimes sont restées sans succès.

Michel Yaradouno, Kankan pour Ledjely.com

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