Juste un mot : Silence, on se rabiboche !

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Le fringant Macron, Président de France et de Navarre, a déserté les berges de la Seine pour une virée africaine qu’il a entamée, le 27 mai, par un arrêt inévitable à Kigali. Il n’y est pas en villégiature pour chasser le gros gibier tropical comme le faisait, naguère non loin de là, Valery sur les terres de son frère Bokassa de Centrafrique. La raison de la présence de Macron en ces lieux et en cet instant est moins prosaïque. Elle est plus significative. Au début des années 90, la sempiternelle bisbille entre les Hutus et les Tutsis rwandais vire à un  pugilat où la kalachnikov remplace le gant. Paul Kagamé et ses camarades unis dans le FPR, après s’être familiarisés au maniement des armes dans les casernes de l’inusable Yoweri Museveni, sont à la manœuvre à la frontière rwando-ougandaise pour renverser Juvénal Habyarimana, à Kigali. La menace est sérieuse. Les responsables hutus présagent que l’armée nationale et ses supplétifs, les miliciens Interahamwe, ne résisteront pas longtemps aux assauts des rebelles du FPR qui bénéficient  plus que d’une simple bienveillance de Museveni. Ils appellent au secours la France de François Mitterrand qui leur procure hommes, fric, armes, équipements et technologie.  L’évaluation des rapports de forces convainc tous les protagonistes de se rendre à Arusha, en Tanzanie, pour identifier les solutions idoines au conflit. C’est au retour d’une de ces conciliabules que le président Habyarimana et son homologue burundais meurent dans le crash de l’avion qui les ramène dans leurs capitales respectives. L’avion a été abattu sur la ville de Kigali par un missile tiré apparemment par un fantôme car personne n’est parvenu jusqu’à présent à lui prêter un visage. La mort de deux présidents hutus a-t-elle été la cause ou l’alibi du génocide ? En tout cas, elle en a été l’élément déclencheur. Durant trois mois, des voisins de bureau ou des cohabitants se trucident, se massacrent. Les cours d’eau charrient d’innombrables cadavres. Une odeur fétide empreint l’air. Pendant que par monts et vaux, manchettes en main, les hutus traquent les tutsis, les troupes armées du FPR progressent, contrôlent villes et villages, quadrillent le pays, neutralisent les génocidaires. Mais déjà, le contingent français fort d’un mandat des Nations Unies qui disposent aussi de troupes de maintien de la paix dans le pays, est en train de mettre en place l’opération Turquoise destinée à sauver les génocidaires des représailles et à  assurer leur fuite vers un territoire aménagé à cet effet à la frontière entre le Rwanda et le Zaïre (RDC). De là, les anciennes autorités rwandaises essaiment dans le monde  avec une préférence pour la France qui les  protègera pendant longtemps les soustrayant à la justice, en dépit des requêtes insistantes des nouveaux dirigeants du Rwanda. La complaisance de la France est évidente. Elle irrite et fâche les Rwandais. C’est la brouille et à la guerre comme à la guerre ! Kagamé dégaine le premier. On ne parlera ni n’écrira plus en français, au Rwanda. Vive Shakespeare, mort à Molière ! Les gouvernements qui se succèdent à Paris préfèrent afficher un profil bas sur le sujet. Comme les Etats n’ont que des intérêts et non simplement des amis, après les premiers éclats de colère, on observe une période de ni guerre ni paix tout en guettant une opportunité de rabibochage. Quelques actes forts sont par moments posés tels que le voyage de Sarko à Kigali ou le forcing de Macron pour mettre à la tête de l’OIF la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la place de l’Afro canadienne Michelle Jean. Le voyage de l’immaculé Macron vient mettre fin à une longue période de désamour qui a  considérablement nui aux intérêts moraux, économiques, politiques et sociaux des deux pays. La hache de guerre enterrée, ils vont consacrer leurs efforts à la défense de leurs intérêts réciproques.

Abraham Kayoko Doré

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