Interdiction de l’importation des vieux véhicules : les importateurs se disent très inquiets 

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Le 7 juin, le ministère des Transports a pris un arrêté pour interdire l’importation en Guinée des véhicules âgés de plus de 13 ans.  Cette décision entre vigueur le 15 juillet prochain.

Au niveau des importateurs de véhicules d’occasion, c’est l’inquiétude totale non seulement à cause du fait qu’ils ne gagnent leur vie que dans ce travail, mais aussi l’impossibilité pour les Guinéens, dans leur majorité, à acheter un véhicule de moins de 13 ans.

Joint au téléphone par Guineenews, Moussa Cissé, Secrétaire administratif du Bureau des importateurs de véhicules d’occasion se dit surpris de la décision des autorités: « On pensait que ça allait prendre un peu de temps rapport à l’application pour que nous importateurs on envoie les véhicules qui sont déjà achetés. C’est ainsi qu’on est allés rencontrer le Premier ministre pour lui demander de nous accorder six mois pour que nous puissions acheminer nos véhicules déjà achetés. Parce qu’avec le coronavirus actuellement, les bateaux ne naviguent plus comme d’habitude. Ils prennent beaucoup plus de temps. Sur place, il ne nous a pas dit que les six mois nous seront accordés ou pas, mais il a dit qu’il va transmettre le message au président [de la République].  Mais depuis qu’on a quitté là-bas au mois de mars dernier on ne nous a pas répondu.« 

Si le délai de 15 juillet 2021 est respecté, beaucoup d’importateurs de véhicules risquent de perdre, puisque leurs véhicules ne peuvent arriver au port de Conakry avant cette date: « Nous sommes très inquiets par rapport à l’application de cet arrêté du ministre des Transports. Si on donne un mois 15 jours, qu’est-ce qui garantit que les armateurs seront là avant ce délai ? Ce sont eux qui gèrent leur calendrier. Donc nous sommes inquiets, très inquiets même par rapport à cette nouvelle situation. Nous continuons de leur demander de nous accorder les six mois.« 

Au-delà du fait que les importateurs pourraient perdre beaucoup, les conséquences de cette décision pourraient avoir des impacts négatifs sur l’ensemble des citoyens. Car, comme le rappelle Moussa Cissé, peu sont ceux qui  peuvent acheter un véhicule à 100 millions GNF : « Nous sommes aussi inquiets pour le peuple de Guinée. Aujourd’hui, nous sommes directement menacés parce que nous vivons, avec notre famille, à travers ça, mais la grande partie revient au peuple de Guinée qui est le consommateur. La plupart ne sont pas très forts économiquement. Il est difficile pour les Guinéens d’acheter un véhicule fabriqué à partir de 2008, 2009. Ce sont des véhicules qui ne coûtent pas moins de 100 millions GNF.« 

Pour lui, avant de prendre cette décision,  il y a des préalables qu’il faut régler : « Qu’est-ce qu’ils ont fait en termes de système de transport pour prendre certaines mesures ? Il y a des préalables à régler. Il faut qu’il y ait d’abord un système de transport fiable qui permet à chaque Guinéen de se déplacer d’un point A à un point B. Les gens ne paient pas ici le véhicule pour le luxe, mais c’est par nécessité. »

L’autre problème auquel sont confrontés les importateurs de véhicules d’occasion, c’est l’introduction de la DSD pour l’immatriculation des engins roulants.

« En plus de cela, nous avons des problèmes avec le Cadac [Actuel Bureau régional des transports terrestres de Conakry (BRTTC)]. Il y a un changement au niveau de la carte grise. Les véhicules dont on faisait l’immatriculation à 350 mille GNF, on se retrouve à 1 million 600 mille GNF. On se demande où on va? Il n’y a pas d’explications, pas de communication claire là-dessus. On a vu juste la décision. C’est grave« , a-t-il indiqué.

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