Hôtel cinq étoiles de Coronthie : «On est privé de tout», soutient un détenu politique

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L’hôtel cinq étoiles de Coronthie est-il en train de devenir un centre de séquestration pour des prisonniers politiques et autres opposants au 3e mandat du Grimpeur ? Des centaines de Guinéens y sont incarcérés depuis fin 2020, sans aucune forme de procès. Leur seul crime, s’opposer à une perpétuation du Prési Alpha Grimpeur à la tanière de Sékhoutouréya.

Le 5 juillet, une dizaine de ces détenus politiques avait entamé une crève de la faim. Ils protestaient ainsi contre leur détention prolongée, l’absence de toute perspective vers l’ouverture de leur procès, contre surtout leurs conditions carcérales qu’ils jugent insupportables. La crève de la faim a pris faim le 12 juillet. Les protestataires ont mis un terme à leur mot d’ordre pour, explique-t-on, ne pas aggraver leur situation sanitaire qui ne tient que le fil du rasoir. Sous anonymat, un détenu politique nous a expliqué que les conditions restent toujours les mêmes : «Au-delà du fait que nos responsables et certains de nos amis soient malades, on est privé de tout. Nous sommes tous affaiblis par la grève de la faim et couchés. Nous n’avons pas de visites depuis plusieurs mois. Nos familles n’ont pas accès à nous. Même nos amis des partis politiques ont été interdits de venir nous voir, c’est presqu’un isolement».

L’autre difficulté à laquelle ils sont confrontés, c’est la surpopulation dans les cales, le manque de nourriture (déjà que les familles ne peuvent pratiquement leur envoyer rien), et ce qu’ils appellent l’absence de médicaments à l’infirmerie de l’hôtel cinq étoiles de Coronthie : «La majorité des détenus politiques sont interdits de sortir de leurs cellules. Seuls les détenus influents ou ceux qui leur sont proches peuvent sortir.  Les autres ne sortent que pour aller à l’infirmerie quand ils sont malades. Cette infirmerie n’a que le paracétamol et les antidouleurs. Par exemple, nous, nous sommes 42 détenus dans une petite cale. On dort difficilement et cela favorise les maladies. Nous vivons sur le dos de l’UFDG, parce qu’une personne normale ne peut pas manger ce qu’ils préparent ici», le détenu.

Pour s’en laver les mains, le régisseur de la Maison centrale de Coronthie a clamé haut et fort qu’il n’est pas eu vent de la crève de la faim. Faux, rétorque notre source qui affirme que le Régisseur «était bel et bien au courant. Nous avons écrit des courriers que nous avons remis à son adjoint, ces lettres ont bien été transmises au régisseur». Eh, wotan !

Yacine Diallo

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