Guinée-UE : "Les sanctions économiques constituent un risque considérable…"

6 days ago 11

CONAKRY-Alors que l'épouvantail d'éventuelles sanctions pèse sur la Guinée confrontée à une double crise sanitaire (Covid-19, Ebola), un élu français vient de sonner l'alerte sur les risques que prendrait l'Union Européenne en infligeant des sanctions économiques contre le pays entier.

Sébastien Nadot qui garde en œil sur la situation sociopolitique de la Guinée avertit que la situation sanitaire et sociale actuelle du pays est "déplorable".  Dans ces conditions, prendre des sanctions économiques sur le pays tout entier, est un risque considérable. Si l'UE le fait, elle serait passée complètement à côté, prévient-il. En revanche, il appelle à des sanctions individuelles ciblées, que ce soit au plan diplomatique ou financière. Il plaide aussi pour l'application des dispositions des accords de Cotonou, notamment l'article 96.

"Vis-à-vis de la Guinée, l’Union Européenne a des moyens de travailler, d’influencer, de peser sur ces questions démocratiques à travers le droit international, à travers lequel on s’est mis d’accord. Certes, c’était compliqué, mais on s’est mis d’accord en 2000 à travers les accords de Cotonou. (…) les discussions qui viennent en ce moment interrogent sur un point particulier. Si les articles qui sont présents dans l’accord ne sont jamais mis en route, saisis, alors à quoi servent ces accords de Cotonou ? La question se pose particulièrement sur les récents processus électoraux dans plusieurs pays d’Afrique dont la Guinée. On peut mesurer ce qu’il y a dans les accords de Cotonou qui nous indique que normalement on devrait déclencher l’article 96. L’Union Européenne devrait faire tout pour demander des comptes ou faire une évaluation précise sur le terrain avec des représentants guinéens et européens. (…) Je crois que cette étape est nécessaire pour engager des relations franches et constructives", souligne ce parlementaire français.

Des eurodéputés ont déposé une liste de personnalités guinéennes, auprès de la commission européenne pour réclamer des sanctions. Ces parlementaires européens, les soupçonne d'avoir joué un rôle ou favorisé la commission des violations des droits humains en Guinée ces deux dernières années. Le dossier devrait examiner en septembre prochain.

"Ces accords de Cotonou, de deux choses l’une. Soit on est des politiques avec une volonté politique. Et un pays comme la France, bien évidemment a son mot à dire sur cette question. Donc, on déclenche l’article 96. Ce qui signifie qu’on veut entamer des discussions sur la base des critères précis et d’une évaluation précise de la situation démocratique du pays. Et à partir de là, effectivement cela peut amener à des sanctions qui sont de deux ordres : il y a des sanctions économiques sur le pays tout entier, mais qui est un risque considérable. Puisque la situation sanitaire et sociale de la Guinée, il n’y a pas que Conakry, est déplorable… Donc, si on va mener des sanctions économiques contre le pays, je crois que l’Union Européenne passe complètement à côté du sujet. En revanche, il y a toute cette possibilité des sanctions financières individuelles, des sanctions diplomatiques individuelles qui peuvent peser", a plaidé M. Nadot.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

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