Guinée : les derniers développements de la tragédie routière de Koubia

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On en sait un peu plus sur l’accident mortel survenu mercredi 02 juin, à Koubia, au PK8 de Tanènè, préfecture de Dubréka.

Comme c’est le cas généralement, le premier bilan corporel annoncé, après un accident grave de la circulation est très rarement statique. Il varie selon l’état de santé amélioré ou pas, des victimes enregistrées. Parmi celles-ci et pour diverses raisons, il y en a qui décèdent malheureusement. Cela change alors les chiffres préalablement déclarés.

Il est certes assez morbide d’en parler, mais force est d’admettre qu’il en est ainsi quelquefois, pour ne pas dire bien souvent. C’est aujourd’hui, presque une règle à laquelle, cet accident de Koubia n’a pas dérogé.

Le nombre de morts annoncé le premier jour a légèrement évolué. Ainsi, au lieu des huit (08), enregistrés le jour du sinistre, nous en sommes maintenant à neuf. Un des blessés (une femme) admis au CHU Ignace Deen a rendu l’âme le lendemain de l’accident, à 19 heures.

Quant au nombre de blessés, plutôt revu à la baisse, il est la résultante d’un double-emploi qui s’est produit pendant le dressage de la liste des victimes reçues en urgence, au centre de santé de Tanènè.

Ils étaient donc, treize blessés au total, le jour de l’accident et non quatorze. Tous ont été référés vers les hôpitaux de Conakry et de Fria. Avec le décès de l’un d’entre eux, comme notifié plus-haut, le dernier chiffre ramène leur nombre à douze actuellement.

A l’énoncé de cette triste comptabilité, on en arrive à la conclusion que les femmes payent un lourd tribut aux accidents de la route. Le tragique exemple qui vient de se produire le prouve aisément. Dans ce nombre assez élevé, figure le cas d’une fillette de quatre ans, que le sort n’a pas épargné, malgré son âge et son innocence.

D’après la gendarmerie routière, les victimes de ce grave accident, parmi lesquelles, ces femmes et un groupe musical traditionnel, revenaient d’une cérémonie de baptême tenue à Koba. Quelques marchands étaient également du voyage.

Sur un tout autre plan, les circonstances de cette tragédie s’éclairent de plus en plus. D’ici que le constat de la gendarmerie ne vienne les étayer ou les infirmer, elles semblent très plausibles.

Pour commencer, nous apprenons que le chauffeur du camion benne paraît bien trop jeune pour la fonction. C’est du moins, nous dit-on, le ressenti de tous ceux qui l’ont vu. On ajoute également que le jour de l’accident, il aurait conduit son camion toute la nuit, sinon une bonne partie de celle-ci.

Un fait est venu corroborer cette assertion : quelques heures avant le drame, sa présence a été signalée à Kouria, à 07 km de Coyah vers Kindia, aux alentours de cinq heures du matin pour livrer un chargement de sable à un client. C’est de cette sous-préfecture qu’il aurait alors pris la route pour les carrières de sable de Tanènè où il devait s’approvisionner à nouveau. Il était en compagnie d’un apprenti dans la cabine.

Pendant le trajet, l’accumulation de la fatigue et du manque de sommeil ont sans doute eu raison de lui. Des témoins soutiennent qu’au moment de la collision avec le minibus, dans le virage, il roulait à vive allure et complètement à gauche. Ce qui explique le lourd bilan corporel et l’étendue des dégâts matériels enregistrés.

Tout porte à croire qu’au moment du choc, notre jeune chauffeur s’était assoupi.

A noter que lui-même et son apprenti sont grièvement blessés. Il a fallu une désincarcération pour l’extraire des tôles froissées de la cabine.

Pendant ce temps, le chauffeur du minibus communément appelé ‘’bambandyi’’, a trouvé la mort sur le coup. Son véhicule est irrécupérable. Il a été littéralement coupé en deux par le camion, dans son élan incontrôlé. La zone de l’accident est bordée d’un ravin dans lequel le camion s’est littéralement précipité après le choc. C’est un palmier percuté et arraché dans son élan, qui l’a freiné.

Il faut dire que l’émoi a été grand sur les lieux de l’accident. Il a fallu la détermination des services de sécurité, fortement mobilisés, pour empêcher tout débordement ou trouble à l’ordre public. Les pyromanes, nombreux dans la zone, sont prompts à se mêler de tout problème d’accident et incendier indistinctement les véhicules. Surtout les cas mortels.

Il ne faut pas occulter la contribution effective et tout aussi efficace, des autres citoyens et des autorités locales, syndicales et des sages qui ont apporté leur appui à la gendarmerie routière.

Nous apprenons que le camion est assuré, mais nonobstant tout, le propriétaire ne s’est pas encore présenté à la gendarmerie.

Les enquêtes se poursuivent. Nous y reviendrons, s’il y a lieu, pour parler des derniers développements que pourrait connaître ce dossier d’accident, avec l’adjudant-chef Abou Latè Dounamou, chef de poste, représentant le commandement de la gendarmerie routière à Tanènè.

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