Guinée : les confidences de Bah Oury sur la création du nouveau front politique

1 week ago 20

CONAKRY- Qu'est-ce qui a prévalu à la création du nouveau front politique appelé Convergence pour la Renaissance de la Démocratie en Guinée "COREDE" ? Quel est l'objectif de cette nouvelle alliance ? Pourquoi les partis de Sidya Touré, Lansana Kouyaté, Cellou  Dalein Diallo  sont-ils (pour le moment) absents de cette coalition ? Dans cet entretien accordé à Africaguinee.com, Bah Oury membre de ce nouveau bloc politique fait des confidences.

AFRICAGUINEE.COM : Vous venez de créer avec certains leaders de l'opposition la Convergence pour la Renaissance de la Démocratie en Guinée "COREDE". Pourquoi ?

BAH OURY : Il est nécessaire de regrouper les forces politiques qui se réclament de l’opposition pour parler d’une seule voix, s’organiser pour faire prospérer les idées. Nous sommes en train de défendre en l’occurrence la nécessité d’une sortie de crise solide et durable pour la Guinée. Pour cela donc, il nous faut s’organiser, avoir une masse critique de partis politiques susceptibles de peser encore davantage dans le débat  et dans la représentation à tous les niveaux de notre pays.

On constate que tous les partis que compose cette nouvelle alliance  sont  membres du cabinet du chef de file de l’opposition. Est-ce une coalition fermée ?

Il y a certains d’entre eux. Mais comme la liste n’est pas encore close, l’organisation et la constitution de l’alliance (Convergence pour la Renaissance de la Démocratie en Guinée "COREDG", ndlr) est en cours. D’autres partis qui ne sont pas représentés au niveau du cabinet vont s’ajouter pour être un cabinet beaucoup plus large. Le travail se poursuit, et ce n’est pas limitatif, c’est ouvert. Je dois rappeler aussi qu'au sein du cabinet du chef de file de l’opposition, bien entendu, il y a des responsables politiques. Mais c’est beaucoup plus une représentation en tant qu’individualité ayant certaines compétences et une certaine représentativité qui sont autour du cabinet pour épauler le chef file dans sa mission.

Fondamentalement, il n’y a pas de leaders autour de cette coalition. Il y a un ensemble de leaders politiques qui vont se retrouver et qui vont avoir une méthode organisationnelle permettant de mutualiser les efforts, de mutualiser les énergies pour être plus efficaces. Bien entendu, il faudra un attelage qui permettra de faire fonctionner l’ensemble. Et à ce moment-là, ce n’est pas une promotion d’un leader solitaire (…), c’est un ensemble d’hommes et de femmes qui ont des compétences d’être des leaders nationaux qui se retrouvent et s’organisent pour faire avancer une démarche d’une opposition beaucoup plus responsable, constructive et qui puissent préparer le futur de la Guinée.

Est-ce une alliance qui débouchera vers une alliance électorale ?

Il y a deux tendances qui existent au niveau déjà des partis. Certains optent pour une alliance politique. C’est tout à fait raisonnable et prudent. D’autres avaient préféré aller vers une alliance électorale. Mais quoi qu’il en soit, c’est le terrain qui détermine le processus. Actuellement pour des raisons de prudence, de la nécessité de restaurer la confiance entre tous les acteurs politiques, en tenant compte de l’histoire des alliances qui se font et qui se défont au gré de certaines humeurs, il est plus que prudent d’aller  dans un premier temps, dans le cadre d’une alliance politique. Le reste pourrait s’en suivre. Pour le moment, c’est l’alliance politique qui est privilégiée et c’est cela qui va être mis en force.

D’où est partie cette idée de créer une telle coalition alors qu'il n'y a aucune échéance électorale dans l'immédiat ?

Vous savez qu’il y a la nécessité objective (…), il y’a combien de partis politiques agrées dans ce pays ? On en dénombre plusieurs centaines. Donc, il y a des nécessités de regrouper les partis dans le cadre d'un bloc politique pour se faire entendre et pour être représentés dans le cadre des représentations. Que ce soit avec le ministère de l’Administration du Territoire ou les organes qui s’occupent des processus électoraux, que ce soit maintenant même dans le cadre de ces discussions politiques dans le cadre du dialogue, il faut qu’il y ait des blocs politiques qui sont représentés comme tel. Parce qu’on ne peut pas inviter près des 200 partis  pour passer en revue des questions essentielles.

Dans le cadre de cette alliance est-ce que vous avez consulté d’autres partis politiques comme, l’UFR, l’UFG ou le PEDN ?

La porte n’est pas fermée (…), à titre personnelle, j’ai pris contact avec d’autres formations politiques. Je ne l’ai pas fait avec ces formations politiques-là, mais je crois que d’autres vont le faire.

Est-ce qu’il y a une telle initiative dans vos plans d’actions ?

Lorsqu’une dynamique est lancée et que la réalité montre que certains sont fermés aux propositions et à la démarche que nous avons fait prospérer depuis  le début de l’année jusqu’à présent, il faut faire preuve de réalisme. Certains sous-groupes de partis sont déjà dans le cadre d’alliance, donc il ne faut pas les déranger dans leur organisation et dans leur démarche. 

En ce qui concerne l’UFR, l’UFDG ou le PEDN, chacun est train de prêcher de manière solitaire...

Laissons encore le temps au temps. Il y a encore beaucoup de confusions. Aucune porte n’est fermée et la converge pour la renaissance de la démocratie en Guinée va se retrouver certainement d’ici la semaine prochaine. Tous les partis qui sont désireux de s’adjoindre à cette dynamique seront accrochés. Même si ceux qui sont réticents aujourd’hui peuvent rejoindre l’alliance dans le temps au gré des circonstances et des positions qui peuvent évoluer. Le monde n'est fait pas en un seul jour.

Bah Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 13

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