Guinée : L’autre "pomme de discorde" entre Doumbouya et certains blocs politiques

1 week ago

LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne et son Premier ministre Mohamed Béavogui Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne et son Premier ministre Mohamed Béavogui

CONAKRY- Se dirige-t-on vers la fin de la « lune de miel » entre la junte et les acteurs politiques ? Il ne faut pas l’exclure à l’allure où vont les choses. Après avoir applaudi avec force l’acte courageux du colonel Mamadi Doumbouya qui a renversé Alpha Condé le 05 septembre, les acteurs politiques deviennent plus en plus « prudents » par rapport à certaines de ses décisions. La démarche solitaire du chef de la junte, le déficit de dialogue sur certains sujets éminemment politiques, n’est pas du goût de certains hommes politiques.

Deux mois après le coup d’Etat, l’ont devient de plus en plus critique vis-à-vis de certains actes du CNRD. En plus de la brouille liée au quota attribué aux partis politiques au CNT et du flou qui entoure les critères de désignation, une autre pomme de discorde vient d’apparaître entre la junte et certains acteurs politiques. Il s’agit de la désignation de Mohamed Ibn Chambas comme envoyé spécial de la CEDEAO en Guinée.  

Son rejet par le colonel Mamadi Doumbouya n’est pas partagé par certains acteurs de la classe politique. Alors que le président de la transition affirme qu’il n’y aucune crise interne en Guinée pouvant justifier la nomination d’un envoyé spécial, certains blocs politiques pensent le contraire. Mohamed Tall de l’UFR pense que c’est une erreur de penser que la Guinée n’est pas en crise. Pour lui, la désignation d’un envoyé spécial en Guinée est tout à fait logique.

Lire aussi-Délai de la transition, CNT, élections, Béavogui : Colonel Doumbouya précise…

« Je pense que c’est une erreur. Parce que dès lors que l’ordre constitutionnel est rompu, de facto on est en crise. La communauté internationale s’implique toujours lorsqu’il y a un coup d’Etat dans un pays. La désignation d’un envoyé spécial est tout à fait logique. L’envoyé spécial a un rôle moins engagé dans la résolution des problèmes que le médiateur. Il ne sert que de lien entre la Cedeao et les autorités guinéennes. Je ne sais pas comment ça va évoluer entre la Cedeao et le Cnrd. Si je devais conseiller quelque chose au Colonel Mamadi Doumbouya c’est vraiment d’accepter ce principe », indique Mohamed Tall, haut responsable du parti de Sidya Touré.

Dimanche dernier lors de son interview diffusée à la télévision nationale, colonel Mamadi Doumbouya a défendu sa décision de rejeter la désignation d’un envoyé spécial dans son pays. « Nous tendons la main à la CEDEAO, à la communauté internationale, pour qu'on nous envoie des techniciens dans le cadre de la refondation de l’Etat, la réforme du fichier électoral, mais il ne faut pas créer des choses qui n'existent pas. Il n'y a pas de crises en Guinée », a-t-il martelé.

L’Alliance Nationale pour l’alternance démocratique (ANAD), un autre bloc politique majeur dirigé par Cellou Dalein Diallo, trouve nécessaire la désignation d’un émissaire international ‘’crédible’’ et ‘’dédié’’ à la cause Guinée.

« Cette désignation en concertation avec les autorités guinéennes est nécessaire pour d’une part la prévention d’éventuelles crises qui pourraient venir de l’aggravation des désaccords dus au manque de dialogue constaté entre les nouvelles autorités et les forces vives et d’autre part rassurer les partenaires techniques et financiers de la transition sur la bonne marche de la transition chaque fois que c’est nécessaire », précise l’ANAD.

Après une tournée régionale murement menée, le FNDC avait également fait une recommandation à la CEDEAO de nommer un émissaire spécial en Guinée. C’est contre toute attente que le front anti troisième mandat a vu -sa recommandation pourtant accepté par la CEDEAO-, rejetée par nouvel homme fort de Conakry.

A suivre…

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Lire l article complet
Articles - News - SiteMap