GUINEE : ce contexte international qui ne milite pas en faveur d’une transition de longue durée

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LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Par LEDJELY.COMjeudi 18 novembre 2021 à 13:24

Pour l’instant, ce n’est pas très manifeste encore. Mais on s’achemine vraisemblablement vers un malentendu entre les nouvelles autorités guinéennes et la classe politique autour de la durée de la transition. Cette dernière – ou en tout cas la frange la plus représentative – milite en effet pour une durée relativement courte. Pas plus de deux ans au maximum. Alors que du côté du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), on semble vouloir disposer d’une période permettant de guérir la Guinée de « tous ses maux ». Et entre les deux camps, la communauté internationale, à travers en particulier la CEDEAO, jouera l’arbitre. Or, il se trouve que le contexte international pourrait incliner ce médiateur à davantage se ranger du côté des partisans d’une transition plutôt courte.

Au demeurant, il importe de noter que si c’est avec une certaine indifférence que les chefs d’Etat de la sous-région avaient accueilli le coup d’Etat d’août 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta, ceux perpétrés par la suite contre les présidents Bah N’Daw et Alpha Condé ont suscité chez eux une véritable inquiétude. Ils ont vu en ces deux derniers cas la marque d’une tendance en gestation qu’il convient de stopper. Sans doute, pour éviter l’effet contagion. C’est ainsi que lors du sommet extraordinaire qu’ils ont tenu le 16 septembre dernier, ils avaient dit tenir compte des « développements récents dans la région ». A la suite de quoi,d ils instruisaient le président de la commission de la CEDEAO à initier le « processus de réexamen du Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance de 2001 afin de renforcer la démocratie, la paix, et la stabilité dans notre région ». Il résulte de cette inquiétude, une attitude de fermeté que la CEDEAO voudrait adopter avec les putschistes de la sous-région, afin de dissuader ceux qui, dans d’autres pays, nourriraient l’ambition de renverser leur président.

Mais à cette position de principe, viennent s’ajouter des évènements de l’actualité qui n’incitent guère l’organisation sous-régionale à relâcher la pression vis-à-vis du colonel Doumbouya et ses camarades. D’abord, on a le Tchad où le président Mahamat Idriss Deby vient de réaffirmer son intention de s’en tenir à la période de 18 mois comme durée de la Transition. Si le Tchad qui voudrait pourtant aller à la refonte de l’Etat et dont le dirigeant est de loin le chouchou de la communauté internationale, peut tenir sa transition en moins de deux ans, comment le CNRD peut-il espérer obtenir plus de temps ?

Ensuite, on a les événements au Soudan où, en moyenne, on assiste à deux manifestations par semaine. La dernière, organisée hier, a débouché sur une quinzaine de victimes, tuées par l’armée. Or, ce scénario-là, la CEDEAO ne voudra le vivre dans aucun pays de l’ouest-africain. Pourtant, avec une transition longue, c’est un risque qu’on ne peut pas totalement écarter. Surtout si les acteurs ne s’entendent pas sur l’organisation de la Transition.

Enfin, le cas malien. Dans ce dernier cas en effet, la CEDEAO avait dans un premier temps adopté une attitude compréhensive à l’égard du colonel Assimi Goïta et ses camarades, suivant en cela une opinion publique malienne, à l’époque acquise à la junte. Sauf que cette erreur, elle l’a payée cash avec le second coup d’Etat et la défiance actuelle de Choguel Maïga. Et on peut supposer que c’est une erreur qu’elle ne voudra pas répéter avec les autorités à la tête de la Transition en Guinée. Les sanctions draconiennes que l’instance régionale vient de prendre à l’encontre de 149 dirigeants de la Transition au Mali sont, à cet égard, un message adressé à la Guinée.

Boubacar Sanso BARRY  

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