Fodé M. Soumah : « Les grandes et basses manœuvres se poursuivent inlassablement en Guinée »

1 week ago

LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

La Guinée entame son 5ème mois sous le CNRD du colonel Mamadi Doumbouya. Mais jusqu’à présent, aucune date n’a été annoncée pour l’organisation des différentes élections. Pire, le Conseil national de Transition (CNT) qui doit rédiger la Constitution et les autres textes de loi n’est toujours pas installé. Cette situation inquiète plus d’un, notamment le président du parti Génération Citoyenne (GéCi), Fodé Mohamed Soumah. Et le communiqué du CNRD refusant d’appliquer la décision de sanctions de la CEDEAO contre le Mali n’était pas opportun, selon Fodé M. Soumah : «Les grandes et basses manœuvres se poursuivent inlassablement en Guinée. Ce qui se passe au Mali était prévisible et c’est regrettable d’en arriver là. Mais de quoi se mêle-t-on ? L’organe régulateur et suprême de la sous-région dont nous sommes signataires, quoique suspendus suite au coup de force, a pris une décision que tout démocrate devrait soutenir ! A savoir refuser la prise du pouvoir en dehors des urnes et rétablir l’ordre constitutionnel dans des délais raisonnables. Qui peut cautionner une période transitoire à hauteur d’un mandat présidentiel de 4 ou 5 ans ? Le CNRD s’est fendu d’une déclaration dont nous n’avions pas besoin. Le Mali a engagé l’épreuve de force avant même que la CEDEAO ne mette sa décision à exécution ; fermant ainsi la porte à toute forme de dialogue ! »

Le président de la GéCi rappelle au CNRD qu’il doit éviter à la Guinée ce qui est arrivé au Mali : « Nous attendons du CNRD qui vient d’entamer son 5ème mois un chronogramme qui indiquerait le retour à l’ordre constitutionnel, afin de rassurer nos partenaires pour une rallonge d’ores et déjà acquise du délai des 6 mois et se focaliser principalement sur les responsabilités indues en période transitoire d’exception. Ce rappel devient nécessaire pour éviter les dérives perceptibles à tous les niveaux qui nous mettraient dans une situation inconfortable, vis-à-vis de ceux qui veulent accompagner notre pays. »

En Guinée, alors qu’il y avait une forte crise entre le régime d’Alpha Condé et l’opposition sur l’affaire du 3ème mandat, la CEDEAO n’a pas été trop exigeante face au pouvoir. Ce qui a conduit au coup d’Etat du 5 septembre. Mais Fodé Soumah se dit convaincu l’organisation sous-régionale veillera désormais au respect des textes constitutionnels de ses pays membres : « Je reste profondément convaincu que la CEDEAO sera réactive dorénavant, pour tout ce qui concerne les textes constitutionnels des pays membres, comme l’intangibilité des mandats ou la mise en danger des populations du fait de leurs dirigeants. »

Il conclut par demander aux « politiques qui ne parlent pas aujourd’hui, qui se cherchent ou qui se positionnent » de se taire « à jamais, car il s’agit de la Guinée dans son entièreté et du devenir de toute une nation. »

Correspondant à Conakry, Guinée

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