Exclusif : Washington pointe les premiers "abus" du Pouvoir de Mamadi Doumbouya…

2 weeks ago

LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne et Joe Biden, Président des Etats-Unis, photomontage Africaguinee.com Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne et Joe Biden, Président des Etats-Unis, photomontage Africaguinee.com

WASHINGTON- « La Guinée était une république démocratique constitutionnelle jusqu'au 5 septembre, date à laquelle le colonel Mamadi Doumbouya et les forces militaires spéciales ont arrêté le président Alpha Condé et pris le pouvoir par un coup d'État ». C’est un constat du Département d’Etat Américain qui pointe de manière implacable dans un rapport les pratiques en matière des droits de l’Homme en Guinée.

Du contexte...

Chaque année, par actes du Congrès, le Département d’Etat est tenu de soumettre des rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de la personne. Ces rapports portent sur les droits civiques et politiques internationalement reconnus, notamment ceux qui sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi que les droits des travailleurs.

Ceux-ci comprennent l’interdiction de la torture ou d’autres châtiments ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et l’interdiction de la détention arbitraire, la disparition ou la détention clandestine, ainsi que d’autres violations du droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne. Ils comprennent également le droit de jouir de certaines libertés, telles que les libertés d’expression, d’association, de réunion pacifique et de religion ou de conviction.

Les rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de la personne sont établis en examinant les informations disponibles provenant d’une vaste gamme de sources dignes de foi, y compris des responsables gouvernementaux américains et étrangers, des victimes d’atteintes soupçonnées aux droits de la personne, des études du Congrès et d’universités, précise le Département d’Etat.

Pour le cas de la Guinée, le rapport publié le 12 avril 2022 par le Bureau de la Démocratie des Droits de l’Homme et du travail, pointe la situation sur les droits de l’homme avant et après le coup d’Etat. Le document de 37 pages consulté par Africaguinee.com dresse un tableau sombre. Il couvre notamment la période 2020, année marquée le référendum constitutionnel, l’élection présidentielle controversée et 2021, année à laquelle Alpha Condé a été renversé.

Après le 5 septembre, la junte militaire, dirigée par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), a supervisé l'ensemble du gouvernement, tandis que les ministères individuels du gouvernement ont continué à être dirigés par des civils nommés, lit-on dans le rapport.

« Le matin du 5 septembre, le chef du groupe des forces spéciales militaires guinéennes, le colonel Mamadi Doumbouya, a pris le pouvoir au gouvernement. Le colonel Doumbouya se déclare chef de l'État, dissout le gouvernement et l'Assemblée nationale et suspend la constitution. Doumbouya a annoncé la création d'un gouvernement du Comité national pour le rassemblement pour le développement composé principalement d'officiers militaires (…)», pointe le rapport.

Selon le département d’Etat, parmi les questions importantes relatives aux droits de l'homme figuraient des rapports crédibles sur : des exécutions illégales ou arbitraires, y compris des exécutions extrajudiciaires par le gouvernement ; la torture ou les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés par le gouvernement ; des conditions carcérales dures et potentiellement mortelles ; arrestation ou détention arbitraire; prisonniers ou détenus politiques ; graves problèmes d'indépendance du pouvoir judiciaire; immixtion arbitraire ou illégale dans la vie privée ; punition des membres de la famille pour des infractions prétendument commises par un individu; les graves restrictions à la liberté d'expression et aux médias, y compris la violence ou les menaces de violence contre les journalistes, la censure et l'existence de lois pénales sur la diffamation ; ingérence substantielle dans la liberté de réunion pacifique ; les restrictions à la liberté de mouvement et de résidence sur le territoire d'un État et au droit de quitter le pays ; des restrictions graves et déraisonnables à la participation politique ; grave corruption gouvernementale; le manque d'enquête et de responsabilité pour la violence sexiste ; traite des personnes, l’impunité des responsables gouvernementaux demeure un problème. 

De nombreux rapports ont signalé que le gouvernement ou ses agents avaient commis des exécutions arbitraires ou illégales, selon le rapport qui précise que les bureaux chargés d'enquêter sur les meurtres commis par les forces de sécurité comprennent les services de sécurité civils et militaires, les tribunaux civils et militaires et les inspecteurs généraux du ministère de la Sécurité et de la Protection civile. Les combats lors du coup d'État de septembre se sont limités au quartier Kaloum de Conakry, la presse faisant état de huit à 20 membres de l'armée tués.

Arrestation arbitraire

Le CNRD a, selon Washington, arrêté et détenu arbitrairement l'ancien président Alpha Condé le 5 septembre. Le 27 novembre, les autorités ont déplacé l'ancien président Condé de son emplacement précédent vers la maison de sa femme dans le quartier Dixinn de Conakry. En décembre, il est resté assigné à résidence sans inculpation.

Violence et harcèlement

Le CNRD aurait également exercé des représailles contre un média affilié à l'ancien président Condé, pointe le département d’Etat. « Des informations ont fait état d'arrestations arbitraires, de harcèlement et d'intimidation de journalistes par des responsables du gouvernement Condé et des autorités de transition du CNRD. (…) Le 9 octobre, les forces de sécurité ont fait une descente dans l'enceinte de Djoma Media, un média privé qui aurait des liens avec l'ancien président Condé. L'armée a affirmé qu'elle cherchait des véhicules gouvernementaux disparus, bien qu'elle n'ait pas de mandat pour entrer dans l'enceinte. Des coups de feu ont éclaté sur les lieux, blessant deux personnes, après que les agents de sécurité de Djoma Media ont refusé d'autoriser l'accès », détaille la note.

Les autorités du CNRD ont interdit aux journalistes de couvrir certaines réunions du gouvernement de transition et gelé les avoirs de Djoma Media, poursuit le rapport qui indique que selon des sources médiatiques, les comptes bancaires ont été gelés en raison de "mouvements d'argent injustifiés". Le fondateur de Djoma Media, Kabinet Sylla (connu sous le nom de "Bill Gates"), était un ancien fonctionnaire du gouvernement et confident de l'ancien président Condé. « A la fin de l'année, les comptes restaient inaccessibles », mentionne Washington.

Le 8 octobre, lit-on, les autorités du CNRD ont interdit à plusieurs chaînes de télévisions privées de filmer la cérémonie de prestation de serment du Premier ministre du CNRD, Mohamed Beagovui. On accuse aussi le CNRD d’avoir utilisé les précédentes restrictions liées au COVID-19 pour limiter les rassemblements publics non autorisés. Bien que le CNRD ait autorisé des marches de célébration manifestant son soutien au colonel Doumbouya.

« Le 11 septembre, le CNRD a interdit toutes les marches et manifestations pour des raisons de santé publique. Le CNRD a fermement condamné une marche dirigée par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) de l'aéroport international de Conakry au cercle de Bambeto le 18 septembre pour saluer le retour du haut dirigeant du FNDC en exil, Sekou Koundouno. Aucune violence n'a été signalée pendant la marche », précise le rapport dont l’intégralité sera diffusée ultérieurement par votre quotidien en ligne Africaguinee.com.

A suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Lire l article complet
Articles - News - SiteMap