Et si le colonel Mamadi Doumbouya avait lui-même répondu aux victimes du camp Boiro ?

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LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

Par LEDJELY.COMmercredi 5 janvier 2022 à 08:45

Comme cela a été le cas au lendemain de la diffusion du décret de rebaptisation de l’aéroport international de Conakry, la réponse que le secrétaire général de la présidence de la République a réservée au ‘’recours gracieux’’ de l’Association des victimes du camp Boiro (AVCB), a également suscité beaucoup de commentaires. En particulier, beaucoup trouvent que le contenu du courrier signé par le colonel Amara Camara manquait d’empathie et qu’elle ne prenait pas en compte la douleur, somme toute respectable, des victimes des répressions politiques sous le régime du président Ahmed Sékou Touré. Face à ce débat, quelques-uns vont jusqu’à se demander s’il ne revenait pas davantage au président Mamadi Doumbouya lui-même de répondre à ces victimes.

En effet, au regard de certains passages de son discours de nouvel an, on peut penser que le président de la Transition aurait pu accueillir le courrier de l’Association des victimes du camp Boiro avec un peu plus de compréhension. Et que conséquemment, il aurait pu témoigner à ces victimes une réponse moins sèche. D’autant qu’il avait quelque peu fait son mea culpa dans son message de nouvel an, en confessant : « comme tout passé, les lignes blanches sont parfois traversées de lettres rouges. Je comprends certaines frustrations, des incompréhensions face à certaines de nos décisions ».

Il se trouve qu’en outre, au-delà de la différence de tempérament que certains pointent, entre le président de la Transition et le colonel Amara Camara, le courrier de l’AVCB était explicitement adressé à « Monsieur le président de la Transition, Chef de l’Etat, Chef suprême des Armées ». Il en était logiquement le destinataire, parce qu’étant signataire du décret qui a acté la rebaptisation de l’aéroport. Or, le recours gracieux est un type de recours administratif qui consiste à saisir l’auteur d’un acte aux fins de l’amener à revenir sur sa décision. Bien sûr, on peut supposer que le colonel Amara Camara a reçu mandat du président de la Transition de répondre à l’Association des victimes du camp Boiro (AVCB). Mais cela n’étant pas explicite, ce n’est pas certain. D’autant que dans son courrier, le colonel Amara Camara ne fait allusion ni au président de la Transition, ni à la présidence de la République.

En somme, c’est le président de la Transition qui est saisi, mais c’est le ministre secrétaire général de la présidence de la république qui répond. Si certains y voient une confusion qui incline à penser que le colonel Amara Camara a agi comme un co-président, on ne pourrait pas leur en vouloir.

Boubacar Sanso BARRY

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