Éditorial : Alpha et sa réforme à marche forcée

2 weeks ago 14

Pour conjurer le mauvais sort de nos finances publiques, le chef de l’État est dorénavant prêt à tous les sacrifices, y compris les plus ultimes. Quitte à essorer complètement le contribuable guinéen.

Les débuts de ce premier mandat de la quatrième république ne sont pas de tout repos pour le président. Confronté qu’il est au besoin pressant de remettre les finances publiques à flots. Bien entendu, après l’orgie financière, consécutive aux financements du double-scrutin législatif et référendaire, ainsi que de la présidentielle du 18 octobre 2020.

Si le gouvernement s’est vanté d’avoir réussi à financer sur fonds propres tous ces scrutins, sans recourir à un appui extérieur, au nom d’un nationalisme cocardier, il va falloir maintenant faire face au gap provoqué par cette débauche d’argent public pour des élections controversées.

Certes, le gouvernement voit dans la pandémie de Covid19, le coupable parfait, à qui faire porter le chapeau de ces turpitudes. Mais la vérité serait tout autre. Et l’opinion n’est pas dupe. Même si encore une fois, c’est le contribuable qui trinque pour les bévues du pouvoir.

C’est dans la perspective de ces lendemains qui déchantent que le président et son Premier ministre, ont tous invité leurs compatriotes à se serrer la ceinture. Car le bout du tunnel serait encore très loin de nous.

Dans la même foulée le président annonce en grande pompe le doublement des recettes à partir de  2022.

Une promesse que des cadors de la finance prennent avec des pincettes. Eux tablent plutôt pour réduction drastique des recettes. Vu que les PME qui constituent une importante poche de recettes fiscales  ont du plomb dans l’aile. Pour le non paiement de la dette intérieure qui avoisinerait les 4 mille milliards GNF.

Mais le gouvernement, comme s’il avait revêtu des œillères, continue de rêver de cette manne céleste.

Pour parvenir à ce doublement des recettes, Alpha mise surtout sur l’e-paiement. Procédé dont l’usage pourrait mener à une maîtrise des déperditions des ressources de l’État.

En attendant de jauger les vertus de la monnaie électronique pour une économie exsangue comme la nôtre, il n’y a pas de quoi pavoiser. Avec cette paupérisation qui gagne villes et villages du pays.

Les 5,2% de croissance réalisés en 2021, étant loin d’être inclusifs. Le FMI appelle néanmoins les autorités  à « poursuivre leurs efforts de mobilisation des recettes intérieures, y compris du secteur minier, afin de créer un espace budgétaire pour financer les besoins pressants de développement des infrastructures et du capital humain ».

Même si pour le moment, concernant l’embellie annoncée, il y a loin de la coupe aux lèvres.

Lire L Article En Entier
Articles - News - SiteMap