EBOMAF SA VS  GUITER  SA : Du berger à la bergère

2 weeks ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

A l’occasion d’une conférence de presse tenue le week-end dernier à Ouagadougou, au Burkina Faso, le PDG du groupe EBOMAF SA, Bonkoungou Mahamadou avait accusé le groupe GUITER SA d’être un groupe sans aucune expérience en matière de construction des routes.

Ce jeudi 7 octobre, le PDG du groupe GUITER SA, Ansoumane Kaba, a répliqué en qualifiant cette sortie médiatique du PDG du Groupe EBOMAF d’un show médiatique au cours duquel, selon lui, des contrevérités ont été dites.

Pour rappel, le patron du groupe EBOMAF SA, Bonkoungou Mahamadou a indiqué que c’est le 30 décembre 2013, que ses marchés ont été approuvés à Conakry. Il s’agissait de la route Kankan-Kissidougou, longue de 194 kilomètres d’un montant de 305 millions d’euros et celle de Kankan-Mandiana à hauteur de 184 millions d’euros.

« Pour une question d’apprentissage, il m’a été proposé d’associer une certaine société dénommée Guiter SA. Personnellement, j’estime que cette société n’a aucune expérience technique en matière de construction de routes. Nous avons été ensemble à la demande des autorités. Il s’agissait de donner l’expertise à des nationaux. Si la route Kankan-Mandiana, nous sommes restés chef de file parce que les marchés ont été exclusivement signés par la société EBOMAF avec 51% et 49% revenait à l’entreprise GUITER SA. Le répondant administratif et financier du marché Kankan-Mandiana devant l’Etat guinéen était l’entreprise EBOMAF (…) », a-t-il expliqué.

Plus loin, il s’est dit être surpris que la Guinée lui octroie unilatéralement une garantie de 65 millions d’euros qui ne représente rien en lieu et place de 500 millions d’euros pour les deux marchés.

En réplique à cette sortie, le PDG du groupe GUITER SA, Ansoumane Kaba a fait savoir que les compétences de son entreprise en matière de BTP ne sont plus à démontrer sur le terrain. « Un premier grand projet Macenta-Konsankoro concrétisé sur financement de l’USAID en 1995 témoigne éloquemment. En 2013 à la rencontre avec EBOMAF, GUITER SA évoluait déjà sur le terrain depuis 24 longues années, et aujourd’hui, elle a 32 ans d’existence », a-t-il fait comprendre.

D’après lui, son premier grand différend avec EBOMAF est né de la fixation des volumes de travaux détaillés par tronçon. « GUITER SA s’étant rendu compte d’une tentative flagrante de surfacturation, a exigé de son partenaire de circonstance de revoir ces volumes à la baisse étant donné que les prix unitaires étaient compétitifs. Cela est venu se greffer un autre différend lié au choix de la mission de supervision et de contrôle. Si le choix fait par le maître d’ouvrage  de la Mission de contrôle Louis Berger ne posait aucun problème à GUITER SA, par contre, pour le PDG du groupe EBOMAF, c’était un motif grave de résiliation.

En fait, pour les raisons sans doute d’inconvenance personnelle, l’ex président de la République Alpha Condé a exigé à ce qu’il lui soit affecté une autre Mission de contrôle internationale, l’annulation du contrat de supervision de Louis Berger et le partage des tronçons entre les deux entreprises ont été décidés sur le champ », a-t-il souligné.

Et d’enchainer : « le PDG d’EBOMAF a prétendu que son entreprise aurait réalisé une centaine d’ouvrages et effectué certains travaux sur le tronçon Kankan-Kissidougou. Chose extraordinaire et impensable par rapport aux dites réalisations. Il importe de porter à la connaissance de l’opinion publique guinéenne que depuis la pose de la première pierre, le PDG d’EBOMAF n’a plus mis pieds sur le terrain ».

Dans la même logique, M. Kaba a signalé que le patron d’EBOMAF a bel et bien reçu 65 millions d’euros en septembre 2014 et 120 autres millions d’euros le 27 mars 2017 par l’entremise de deux lettres de garantie.

Mais, « n’ayant nullement satisfait aux premières exigences liées à sa première tranche ferme du tronçon Kankan-Kissidougou, comment est-il parvenu à obtenir une seconde lettre de garantie portant sur la bagatelle de 120 millions d’euros, si ce n’est pas par les moyens de détournés ?», s’est-il interrogé.

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