Dialogue : Aboubacar Soumah entre ordre du jour et abstention

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Au lendemain des sélections présidentielles du 18 octobre 2020, plusieurs responsables de l’opposition et du FNDC ont été interpellés et écroués à l’hôtel cinq étoiles de Coronthie, dans la commune de Kaloum. Alors que ces opposants sont détenus sans aucune forme de procès, d’autres opposants, pourtant opposés au 3e mandat d’Alpha Grimpeur, prônent désormais un dialogue inclusif entre acteurs politiques.

Un dialogue qu’Aboubacar Soumah, prési du parti guinéen pour la démocratie et l’équilibre, député à l’Assemblée nationale, ne cautionnerait qu’à une seule condition. Il l’a fait savoir ce jeudi, 7 janvier dans l’émission Œil de Lynx de la radio Lynx Fm : « Si le dialogue doit se résumer à la libération des prisonniers politiques, je ne suis pas d’accord. Est-ce normal que des hommes soient arrêtés, emprisonnés sans connaître la raison, ni jugement, et sans aucun procès. Il faudrait qu’on dise au peuple de Guinée à travers une justice équitable et libre ce qu’ils ont fait. Pourquoi ont- ils été emprisonnés ? Si le dialogue ne doit avoir de thématique que de « libération des prisonniers » je ne suis pas pour un tel dialogue. Un dialogue national inclusif ne doit pas avoir un tel préalable. Pourquoi ils ont été arrêtés, il faudrait que pour leur propre intérêt, les Guinéens sachent s’ils sont coupables ou pas. Mais dire qu’un dialogue doit se tenir parce que tel a été arrêté, je ne trouve pas cela normal». Il demande à l’Etat d’organiser le plus rapidement possible le procès de ces détenus : «Il faudrait interpeller l’Etat pour que leur procès ait lieu, pour que les Guinéens sachent le motif de leurs arrestations. Prenant le cas de Foniké Menguè qui ne réclame que l’ouverture d’un procès, il est en détention très prolongée, il est incarcéré depuis des mois et sans procès. Là, il est en grève de la faim, c’est maintenant qu’il faut mettre la pression sur l’Etat pour accélérer la procédure».

Par ailleurs, une résolution a été adoptée par les corona dépités contre les Coordinations régionales de Guinée. Malgré le vote à la majorité, Aboubacar Soumah, s’est abstenu Selon lui, on devrait plutôt élaborer une loi qui cadre ces différentes coordinations au lieu d’une simple résolution qui interpelle juste ces Coordinations et l’Exécutif. «Il ne faudrait pas confondre une résolution et une loi. Une résolution interpelle mais ne réglemente pas. Donc, c’est une façon d’interpeller les autorités morales à atténuer les tensions. C’est l’une des raisons qui nous ont poussés à nous abstenir. Si ce n’est pas une loi que nous devons prendre, un texte qui encadre les limites à ces autorités morales, qui leur explique comment fonctionner, comment agir et quelles sont les matières sur lesquelles elles doivent intervenir, nous pensons que ce n’est pas important.»

Alpha Grimpeur soutiendrait-il ces coordinations ? Aboubacar Soumah de bégayer : «Le président Alpha Condé a trouvé ces Coordinations régionales, elles existaient même bien avant le régime du Général Lansana Conté. Dire que c’est lui qui les a créées, ce n’est pas vrai. C’est dans la lutte politique, à partir de 2009 – 2010, que ces structures ont eu une certaine importance, mais elles existaient. Nous hommes politiques, nous étudions le terrain, si nous pensons qu’une telle structure peut nous aider dans notre combat politique, alors on s’y approche et on essaie de vendre notre marchandise politique».

Aboubacar Soumah insiste : «Les autorités morales ont pour rôle de maintenir la cohésion sociale entre les fils du pays, mais elles ne doivent pas du tout se mêler de la politique.» Mon oreille !

Kadiatou Diallo

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