Des mineurs accusés de détention d’armes: Le procès s’ouvre devant le tribunal pour enfants

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Au lendemain de la présidentielle du 18 octobre 2020, des violences ont éclaté un peu partout à travers le bled entre militants de l’UFDG et farces de l’ordre. Les affrontements ont été particulièrement violents et meurtriers dans la capitale Cona-cris et ses environs, notamment à Baïlobaya, préfecture de Dubréka. Des morts, des blessés, des dégâts et des centaines de personnes arrêtées. Parmi elles, beaucoup de mineurs.

21 octobre 2020, la tension est à son comble dans la zone de Baïlobaya. Un groupe de jeunes apprentis soudeurs, tôliers, mécaniciens et chauffeurs, la peur au ventre, désertent leurs garages et ateliers pour se réfugier dans un immeuble inachevé. Ils seront interpellés le lendemain par les forces de l’ordre et présentés comme étant ceux qui ont semé la terreur dans la zone.

Trois mois plus tard, ces mineurs commencent à défiler devant le tribunal pour enfants, délocalisé à la Basse cour d’appel de Cona-cris. Ce 12 février, Mamadou Aliou Diallo, 16 ans, apprenti soudeur, Alpha Ibrahima Diallo, Alpha Mamoudou Diallo, Mamadou Lamine Diallo, Mamadou Samba Baldé, apprentis, mécaniciens, âgés de 17 ans, Mamadou Saïdou Koulibaly, Souleymane Diallo, apprentis chauffeurs, mis aux arrêts à Baïlobayah, Iliassa Barry, apprenti boulanger interpellé à Ansoumaniah et Mamadou Saliou Diallo, 17 ans, vitrier ont été entendus. Ce dernier habite à Kindia, il a été interpellé à Lansanayah alors qu’il venait d’arriver à Cona-cris, selon lui, pour travailler dans un chantier. Ils sont accusés de transfert, fabrication, détention, port et utilisation d’armes de guerre et de petit calibre, de détention de munitions et autres matériels connexes, association de malfaiteurs et menace ou encore de participation délictueuse à un attroupement.

Des avocats ont finalement été commis d’office pour, dit-on, assister les accusés. Me Salifou Béavogui, l’ancien bâtonnier, Me Mohamed Traoré et les autres qui suivaient leur dossier, de l’enquête préliminaire aux interrogatoires devant le pool de juges d’instruction, ont suspendu leurs activités dans toutes ces procédures.

Ces accusés ont rejeté catégoriquement les charges articulées contre eux : « Nous travaillons dans un lieu où il y a des garages, des ateliers… comme il y avait la tension dans la zone ( Baïlobayah), mon maître ( Aldiouma Diao, ndlr) m’a dit d’aller m’abriter dans un immeuble à côté. C’est dans cet immeuble que la femme qui prépare pour nous se trouve. J’étais avec d’autres apprentis. Nous avons fait un jour, le lendemain vers 17h, des policiers ont défoncé les portes pour nous arrêter. Ils ont fouillé toute la maison, ils n’ont trouvé aucune arme. Ils ont pris nos téléphones, notre argent, ils nous ont arrêtés », déclare Mamadou Aliou Diallo.

« Vous avez menacé les gens à cause de leur ethnie,» s’exclame le procureur. « Comment pouvions-nous menacer quelqu’un que nous n’avons jamais vu, que nous n’avons jamais connu. Au contraire, c’est nous qui avons été menacés, frappés à la DPJ » rétorque l’accusé. Les autres accusés ont tenu à cette version de Mamadou Aliou Diallo.

Mamadou Saliou Diallo a été arrêté dans la nuit du 30 octobre à Lansanayah avec un certain Ousmane Doré. Selon le procureur, ils ont été signalés par le voisinage. Des allégations réfutées par l’accusé : « Je ne connais même pas bien Conakry. Je n’étais là que pour mon travail. Ma sœur m’a dit d’aller dormir chez Ousmane Doré, c’est là qu’ils nous ont arrêtés vers 2h du matin. Je ne connais rien de ce qui se raconte ici ».

Amadou Diakité, âgé de moins de 12 ans au moment de son arrestation, a été mis à la disposition d’un centre d’accueil pour une réinsertion sociale. Le juge, Nfaly Sylla, a estimé que son tribunal ne peut pas juger un enfant de moins de 13 ans.

A 20h, l’audience se poursuivait à la Basse-cour d’appel de Cona-cris.

Yacine Diallo

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