DÉCÈS D’ABDOUL GADIRI DIALLO : « C’est un grand défenseur des droits de l’homme qui est parti », témoigne un collaborateur du défunt

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Abdoul Gadiri Diallo, le président de l’Organisation guinéenne de défense des droits humains (OGDH), est décédé ce mardi 27 octobre 2020 à Conakry de suite d’un arrêt cardiaque. Il sera inhumé ce mercredi à 14 heures au cimetière de Cameroun. Il s’en est allé donc à la grande surprise générale, après avoir participé au monitoring de l’élection présidentielle du 18 octobre dernier. Une perte inestimable pour la Guinée et tous les défenseurs de la liberté et des droits de l’homme. Ses proches retiennent de lui un fervent défenseur des droits de l’homme en Guinée et dans la sous région ouest-africaine. C’est le cas du chargé de programme à l’OGDH, Alseny Sall, qui a accordé une interview au Djely quelques heures après l’annonce de la triste nouvelle. Entretien…

Ledjely.com : Quelle sont vos sentiments par rapport à la disparition de votre président, M. Abdoul Gadiri Diallo ?

Alseny Sall : Mes sentiments sont des sentiments de tristesse d’avoir perdu un papa, un mentor avec qui j’ai appris beaucoup de choses en matière de défense des droits de l’homme. C’est un ami parce que Gadiri fut un grand manager et quelqu’un de très ouvert et jovial : Il était courtois et très attaché à ses collaborateurs. On faisait tout avec lui (manger, rigoler, etc.), il ne s’énervait jamais, il n’a jamais montré de barrière avec nous parce qu’il était plus âgé ou c’était notre chef. On n’a jamais ressenti de barrière entre nous, nous étions comme des frères, des amis, une famille.

C’est un grand combattant pour la liberté, une grande perte pour notre pays. Gadiri est parti les armes à la main, parce qu’il a évidemment participé au monitorisation des violations de droit de l’homme pendant la récente élection présidentielle. Notre organisation a procédé au monitoring du scrutin pendant le processus. Il était sur le terrain le jour et le lendemain de l’élection. Donc, il ne s’est jamais reposé depuis qu’il est là ; son travail l’avait complètement absorbé, il n’avait même plus le temps de se reposer. Il s’est éteint ce matin, il a fait un arrêt cardiaque, il est parti à jamais. Il est parti à un moment où le pays traverse une situation difficile, où le pays a besoin des hommes comme lui. C’est une grande tristesse pour nous, une perte énorme pour la nation.

Que peut-on retenir de l’homme ?

Gadiri était un diplômé en Mathématiques de l’école guinéenne. Il a commencé par enseigner les Mathématiques dans plusieurs établissements scolaires de Conakry et de l’intérieur du pays, avant de s’engager plus tard en qualité de journaliste avec le journal satirique Le lynx. Parallèlement à son activité de journaliste, il s’est engagé à côté de l’OGDH pour défendre les droits de l’homme. Et c’est là aussi qu’il a beaucoup marqué les Guinéens : en tant que militant de l’OGDH, il a participé à de grandes activités de promotion des droits de l’homme dans ce pays. C’est l’un des grands artisans de l’accompagnement judiciaire des victimes du massacre du 28 septembre 2009, malgré qu’on n’a pas encore eu de procès dans ce dossier.

Gadiri, c’était aussi un citoyen ouest-africain parce qu’il était le coordinateur de la sous-région des organisations de défense des droits de l’homme. Donc il faisait son travail au-delà de nos frontières. Entre 2016 et 2019, il était en qualité d’observateur de l’Union africaine sur la situation des droits de l’homme au Burundi. Il est rentré à la fin de l’année 2019. Et depuis qu’il est là, il est engagé pleinement dans la défense des droits de l’homme en Guinée.

L’OGDH est partie prenante du Front national pour la défense de la Constitution et Gadiri était l’un des acteurs clés de ce front pour la lutte contre le 3e mandat en Guinée. Donc, c’est un grand défenseur des droits de l’homme qui est parti pendant que le pays avait besoin davantage de lui.

Vous avez signalé qu’il était encore en activité il y a huit jours. Avait-il des antécédents d’ordre sanitaire ?

Non, pas du tout. Mais, il était très fatigué ces derniers temps. Naturellement il y a le poids de l’âge qui était là. Il avait 70 ans, mais en même temps, il ne se plaignait pas beaucoup de problème de santé. C’est depuis la semaine dernière qu’il a arrêté de venir régulièrement au bureau. Et très malheureusement il est parti ce matin à travers un arrêt cardiaque.

Quel est donc le programme de ses obsèques ?

Son corps a été conduit à la morgue, dans une clinique de Lambanyi, (dans la commune de Ratoma). Et donc demain, il est prévu une levée du corps là-bas à partir de 10 heures. Ensuite, il va y avoir la lecture du Saint Coran à la mosquée de Cameroun entre 12 heures et 14 heures. Et à 14 heures, il va y avoir le rejoint funèbre et son enterrement au cimetière de Cameroun.

Propos recueillis par Hawa Bah

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