CRISE POLITIQUE EN GUINÉE : la colère de Me Abdoul Kabèlè Camara contre le régime du président Alpha Condé

1 week ago 20

Lors de la conférence de presse animée ce jeudi par Cellou Dalein Diallo, Me Abdoul Kabèlè Camara, le président du Rassemblement guinéen pour le développement (RGD) et candidat à la présidentielle du 18 octobre dernier, a réaffirmé son soutien au principal adversaire du président Alpha Condé, le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD), qu’il considère comme le « candidat victorieux » à la dernière présidentielle.

Prenant l’exemple sur le dénouement en cours de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, l’ancien ministre de la Défense nationale a appelé les autorités guinéennes à se ressaisir, sinon le peuple finira « par se réveiller et se retourner contre les oppresseurs  ». Cet ancien proche du président Alpha Condé dénonce la répression déclenchée contre certains opposants au régime en place à travers notamment des procédures judiciaires.

« Toute ma vie durant, je me suis battu pour la défense des droits et libertés. C’est pourquoi, j’ai opté pour la magistrature après l’Université Cheick Anta Diop et c’est pourquoi quand j’ai démissionné en 90 pour regagner mon pays, servir mon pays, j’ai opté pour le barreau pour défendre le riche et le pauvre, pour combattre l’injustice. Aujourd’hui, nous sommes face à ce qu’on appelle ‘violation flagrante des droits et libertés’. Je ne peux pas rester indifférent. Hier, face aussi à une République forte, je me suis élevé contre de telles pratiques. C’est pourquoi aujourd’hui je suis aux côtés de mon frère (Cellou Dalein Diallo), de son parti et ses partis alliés qui l’ont soutenu durant ce processus électoral. Je suis là pour apporter tout mon soutien, et dire que le pays ne doit pas évoluer de cette façon. Qu’allons-nous donner aux générations futures ? A vous jeunes filles, jeunes garçons ? Quand on sait que nous sommes dans le cadre espèce face à une dictature : les gens sont arrêtés on ne sait comment, on va à leur domicile… Même quand un juge d’instruction ou une commission rogatoire est saisi, c’est juste une convocation qu’on envoie à se présenter devant le juge. S’il ne se présente pas à la date indiquée, celui qui a mandat d’accomplir la commission rogatoire rend compte au juge qui l’a mandaté et demande à ce qu’il franchisse un second degré, c’est-à-dire un mandat de comparution par exemple devant le juge, qui le renvoie devant la partie judiciaire ; et ainsi de suite d’un mandat d’arrêt. Mais sans accomplir aucune autre procédure légale, on va directement chez quelqu’un, on le prend dans sa famille, on le kidnappe, on l’amène directement à la police judiciaire (…) Nous souhaitons que le gouvernement se ressaisisse. Nous avons des exemples à côté de nous : le président Ouattara a été proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire, il a fait une déclaration publique d’homme d’Etat invitant les opposants à se joindre à lui à une rencontre. Hier [mercredi], nous avons tous suivi sur les écrans le président Ouattara et le président Konan Bédié (son principal opposant, ndlr) devant la presse pour dire qu’ils ont brisé le mur de la glace. Cela a été un indice très fort pour ramener le calme et la sérénité (…) Au-delà des personnes, c’est la Guinée entière qu’il faut regarder, vous  jeunes filles et garçons, nous travaillons aujourd’hui pour que demain la Guinée puisse être un havre de paix, mais ce n’est pas dans la peur, la tyrannie, le despotisme que l’on peut faire évoluer un pays. Aujourd’hui nous sommes convaincus que si la ligne de conduite du gouvernement ne change pas, c’est le gouvernement lui-même qui va provoquer sa propre chute, car à force de taper sur le peuple, le peuple finit par se réveiller et se retourner contre les oppresseurs », a-t-il mis en garde.

Hawa Bah

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