Confiscation de libertés publiques : Le FNDC fait le bilan

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Érigé en rempart de la démocratie, de l’Etat de droit et favorable à l’alternance politique, le FNDC (Front national pour la défense de la Constitution), multiplie les fronts contre le pouvoir grimpant, lequel glisse peu à peu vers la dictature. Rien ne semble démotiver les opposants au 3è mandat, malgré les abus qu’ils subissent de la part du goubernement. Dans un mémo daté du 28 octobre, le Front a attiré l’attention des organisations et pays amis de la Guinée sur la violation «systématique de ses droits de manifester pacifiquement contre le projet illégal et illégitime du troisième mandat de M. Alpha Condé. Ce tripatouillage de la Constitution de notre pays qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux est en train de compromettre l’alternance politique, l’enracinement et la consolidation de la démocratie et de l’État de droit en Guinée.»

Le FNDC signale aussi le caractère «discriminatoire des interdictions de manifester, le déploiement de l’armée pour réprimer les manifestants ainsi que l’incohérence et l’inconsistance des arguments farfelus avancés par les différentes autorités pour interdire les manifestations.» D’un côté, le FNDC regrette que pendant que ses manifs sont interdites, les partisans du Prési Grimpeur, «peuvent librement marcher, manifester sans même soumettre une quelconque demande d’autorisation.»

Le Front sollicite la «solidarité et l’appui ferme» de l’ensemble des organisations et pays amis de la Guinée, «par les moyens qu’ils jugeront les plus appropriés, afin de faire valoir de façon constante la liberté de manifestation pacifique de la société civile en Guinée, conformément aux principes d’un État de droit.»

Ayant pris conscience de l’envergure que prend le FNDC, qui commençait à acculer le pouvoir, le goubernement a fait recours à la confiscation des droits et des libertés publiques, depuis octobre 2019. En premier, le droit de manifester. A l’image de plusieurs manifs politiques et sociales à l’initiative du Front qui ont été interdites par les communes de Cona-crimes, évoquant des motifs «farfelus.» Bravant ces interdictions, plusieurs leaders du Front et autres manifestants ont été arrêtés, intimidés, séquestrés et mis au gnouf. Selon le mémo, le bannissement catégorique par le goubernement guinéen du droit constitutionnel de manifester librement est à la base des «graves et nombreuses» violations des droits de l’Homme et des libertés individuelles en Guinée. «La violence disproportionnée employée par les services de sécurité munis d’armes de guerre contre les populations civiles entraînera inévitablement des conséquences sur la paix et la stabilité dans notre pays et dans la sous-région», ajoute le doc.

Une centaine de morts

Le Prési Alpha Grimpeur, obsédé par un 3è mandat, n’a point lésiné sur les moyens de répression. Administrateurs publics, biens de l’Etat, argent, mais aussi menaces, intimidations, lui ont servi à arriver à ses fins. Selon le FNDC, au moins 99 personnes ont été tuées, (dont au moins 44 par balles, au moins 2 par gaz lacrymogène et au moins 2 par bastonnade.)  «Au moins 324 personnes blessées (dont au moins 59 blessés par balles, au moins 30 par gaz lacrymogène, au moins 10 par bastonnade, au moins 5 par armes blanches, au moins 3 percutées par des véhicules des FDS). Plusieurs centaines de personnes ont été emprisonnées lors des journées de résistance citoyenne à cette oppression. Au contraire, toutes les manifestations autorisées et encadrées par les forces de l’ordre se sont paisiblement déroulées sans aucun incident», précise le mémo.

Le FNDC regrette également «l’utilisation inconsidéré de la violence» par les forces de dépense et de sécu-raté guinée-haines lors des journées de résistance organisées par la société civile. «Cette dictature expose non seulement le pays, mais aussi toute la sous-région à des risques d’instabilité élevés, car les risques de contagion sont autant élevés que les plateformes de la société civile de plusieurs pays s’organisent pour faire respecter le droit aux manifestations en République de Guinée.»

Le mémo rappelle enfin que le respect des droits humains, y compris celui de manifester et la justice, constituent les principaux garants de la stabilité en Guinée et dans sous-région.

Yaya Doumbouya

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