Conakry : un journaliste soumis à une "corvée" dans un camp militaire…

1 week ago 29

CONAKRY- La scène est plutôt inédite ! Le journaliste Zézé Enéma Guilavogui a connu une soirée pas comme les autres ce lundi 15 février 2021.  Notre confrère qui revenait du travail a eu la malchance de prendre le raccourcis qui traverse l'enceinte du Camp Alpha Yaya Diallo pour rejoindre son domicile, comme il en était de coutume. Mais cette fois-ci, tout ne s'est pas passé comme d'habitude.

Selon lui, a été interpellé par le commandant du Bangaly Camara dit ‘’Tanènè’’ qui lui a ensuite contraint de défricher des parcelles de 18h à 20h. Pendant tout le temps qu'il faisait sa corvée, notre confrère était privé de ses téléphones portables. Joint au téléphone par notre rédaction, Zézé Enéma Guilavogui qui travaille au site d’information Aminata.com nous a raconté sa mésaventure.

« Hier, vers le soir il y avait un problème de taxis qui se posait quand je quittais le centre-ville. Quand je suis arrivé au niveau du camp, j’ai décidé de traverser le camp à pied pour rentrer chez moi parce que j’habite dans les parages. Dès que j’ai franchi la porte du camp, le commandant Bangaly Camara dit ‘’Tanènè’’ m’a interpelé pour me demander : « mon ami où tu vas ? ». Je lui ai répondu que je partais chez moi. Il m’a dit : « est-ce que tu sais qu’ici c’est le camp ? ». J’ai répondu par l'affirmatif. Il a enfoncé le clou en martelant : « on ne se promène pas ici. Présente-toi ». Je me suis présenté et je lui avais même présenté mon badge de presse. Aussitôt, il a commencé à m’insulter. Il a retiré tout ce que j’avais sur moi : mes téléphones, mon badge, pour donner à son subordonné. Entretemps, il y a quatre autres personnes qui passaient, certaines même habitent dans le camp là-bas, qui ont été arrêtées au même titre que moi. Quelque temps après, un pick-up est venu nous chercher pour nous débarquer au niveau du bataillon des chars. Là, ils nous ont distribué des houes et des coupecoupes. Ils nous ont obligés de défricher des parcelles. On nous a fait travailler de 18h à 20h », a raconté notre confrère.

Lire aussi-Le "cadeau de nouvel an" d'Alpha Condé : Des avancements au grade dans l'armée

Et de poursuivre en expliquant comment il est rentré en possession de son téléphone portable et de son badge : « Ce n’est pas la première fois, c’est devenu une habitude pour eux. Pour nous restituer nos téléphones, ils ont demandé à chacun de nous de donner son numéro pour qu’ils appellent afin d’éviter d’échanger les téléphones parce que selon eux, souvent ils se confrontent à ces genres de problèmes.  J’ai l’habitude de passer par le camp pour rentrer chez. C'est le cas de nombreux citoyens. Aussi, il y a la gare du train au camp là-bas. Donc le jour où on rate le train, tout le monde passe par le camp pour rejoindre l’autoroute afin de trouver un moyen de déplacement. D’ailleurs, même pendant qu’on nous a arrêtés, il y avait des gens qui traversaient le camp, j’avais même vu un groupe de femmes qui passait. Là-bas, les gens rentrent et sortent comme ils veulent », a affirmé notre confrère qui dit avoir mal au corps.

Interrogé par Africaguinee.com, un militaire qui a été au cœur des faits a confirmé ce qui s'est passé. Au bout du fil, ce militaire nous a confié que l’ordre d’arrêter les gens qui passe par le Camp et de les soumettre à des corvées est venu du commandant. Selon lui, l’objectif c’est interdire aux civils de rentrer dans le Camp. "Si tu veux savoir, viens au Camp Alpha Yaya", nous a-t-il d'abord répond avant de préciser : « C’est le commandant qui donne l’ordre, le camp n’est pas fait pour traverser. Il y a des gens qui ne sont pas militaires qui traversent le camp et nous, on a reçu des ordres. Donc, si on voit quelqu’un en train de traverser le camp, on le met en état d’arrestation pour lui donner des travaux à faire dans le camp. Toute personne qui traverse le camp, que ce soit les piétons, les motards s’il n’est pas militaire, on va le mettre en état d’arrestation », nous a confié ce militaire.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

Lire L Article En Entier
Articles - News - SiteMap