Colloque de Lomé sur la monnaie Eco : Ce que Cellou Dalein Diallo a dit…

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CONAKRY-Empêché de voyager à Lomé où il était invité à prendre part au colloque international sur la monnaie Eco, Cellou Dalein DIALLO s'est exprimé par visioconférence. L'opposant guinéen est intervenu en tant que paneliste aux côtés du Béninois Lionel Zinsou, de la malienne Aminata Traoré et du camerounais Achille Mbembe.

A l’entame de son intervention, l’ancien Premier ministre a rappelé que la décision de création de la monnaie au sein de la Cedeao a été prise à Conakry. « A l’heure où nous sommes c’est comme si le processus de création de la monnaie commune est arrêté. Les pactes de stabilité sont suspendus aussi bien au niveau de la Cedeao qu’au niveau de l’UEMOA. Voilà 38 ans, la décision de créer la monnaie commune a été prise à Conakry. On a essayé de faire des agendas avec des échéances précises qu’on n’a jamais pu satisfaire. Je pense qu’il faut profiter de cette pause imposée par la pandémie pour réfléchir parce que le débat est à l’arrêt depuis fort longtemps. On critique le Cfa, on essaie de donner le risque et les avantages de l’Eco sans trop savoir est-ce que c’est faisable, efficace par rapport au développement. Parce que l’objectif c’est de favoriser, certes, l’intégration, mais le développement de tous les pays et la prospérité de notre espace communautaire », a lancé Cellou Dalein Diallo. Il estime que le débat sur le Fcfa est en train d’être déplacé.

Cfa : le débat déplacé 

«Le débat sur le Cfa, je pense qu’il est en train d’être déplacé. A mon avis, le débat devait porter sur les conditions à réunir, les contraintes à lever, les critères à remplir pour aller à la monnaie commune. Dès que cette décision politique a été déjà prise, des échéances ont été fixées qui n’ont pas pu être tenues. Est-ce qu’on peut les tenir ? Quelles sont les conditions qu’il faut réunir pour y aller ? », s’interroge l’économiste Cellou Dalein Diallo qui a souhaité que le colloque se consacre à « l’identification des coûts et des risques attachés à la mise en œuvre de cette décision politique.

Les critères de convergence

Au lieu de revenir à chaque fois dans « le débat sur le Fcfa », l’opposant a fait la proposition de «mettre en place des mécanismes pour essayer d’aider ceux qui se sont éloignés des critères de convergence à cause de la crise ou même avant pour qu’ils puissent aussi avancer ». Pour ce faire, il a suggéré de s’inspirer de «l’exemple de l’Europe où on a mis en place des mécanismes pour certains pays pour réduire la disparité ou pour permettre de faire face aux chocs exogènes qui auraient mettre en cause l’ensemble du système. Dans un système monétaire, si on ne gère pas certains chocs cela risque d’affecter l’ensemble du système ».

Par rapport au CFA, Cellou Dalein considère les réformes de 2019 annoncées à Abidjan comme un premier pas. « Les reproches qu’on fait à la zone Cfa sont émotionnels. On a parlé du compte d’opération où on était obligé de déposer 50% de nos réserves d’échange. Cela rapportait 80 milliards par an. Au-delà de ce qu’on dit, l’Uemoa, la Bceao ne perdaient pas leurs propriétés sur ces ressources. Mais elles devaient être là et rémunérées contre le risque d’échange. (…) Ce n’est pas la garantie qui a fait que le CFA est resté crédible c’est la politique monétaire. On fait en sorte que la création monétaire soit en rapport avec les réserves d’échange pour que toute la demande générée par la création monétaire en terme d’importation puisse être satisfaite sans marché noir, sans dévaluation. Et dans ce cas, on a veillé sur la création monétaire pour qu’elle soit toujours en accord avec la possibilité de fournir des devises pour les importations »,  a-t-il dit.

De l’implication de la France

Face aux critiques à leur encontre, l’ancien Premier ministre a fait savoir qu’il comprend la démarche des pays de l’Uemoa qui ont requis et obtenu la garantie de la France. "Il faut dire qu’ils sont dans une période transitoire. Ils veulent quitter complétement le CFA, la coopération avec la France pour aller vers l’Eco Cedeao. Ils ne sont pas encore allés à l’Eco Cedeao parce qu’on n’a pas encore de banque centrale, défini sa gouvernance au niveau institutionnel, sa politique monétaire. On a tout simplement dit que le taux de change va être flottant (…) », a-t-il laissé entendre.

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 669 91 93 06 

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