Collectif des candidats malheureux : Deux partis se désolidarisent

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En conférence de presse conjointe le 2 novembre à Conakry, les partis RRD et UDIR, malheureux au scrutin du 18 octobre, se sont désolidarisés du Collectif des dix candidats à l’élection présidentielle. Selon eux, la protestation contre les résultats provisoires, prônée par Cellou Dalein Diallo, le candidat l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), n’a plus sa raison d’être. Abdoulaye Kourouma, le leader du Rassemblement pour la renaissance et le développement, explique: «Avant l’élection, nous avons décidé de mettre en place le collectif des onze candidats pour mutualiser les actions pendant les élections. C’est-à-dire, partager les informations pendant les élections, ainsi que les PV. Mais il y a eu beaucoup de partis qui n’ont pas honoré leur engagement, notamment l’UFDG qui a refusé de donner les informations sur les PV.» Le Collectif a tenu une réunion le 29 octobre à Conakry à l’issue de laquelle ils ont rejeté les résultats proclamés par la CENI, donnant le Président Alpha Condé victorieux avec 59,49% des voix. Abdoulaye Kourouma, qui avait par ailleurs condamné l’auto proclamation du candidat de l’UFDG, soutient qu’il ne se retrouve  pas dans l’esprit du collectif. Car, «nous avons en face trois groupes: un groupe s’est déjà autoproclamé, un autre a félicité le Président Alpha Condé et le dernier fera recours à la Cour constitutionnelle. Il n’est pas cohérent pour nous de nous associer à une déclaration collective où chacun a déjà une position. Mais on était surpris de voir l’UFDG s’associer à une déclaration faisant appel à une manifestation. Nous ne sommes pas signataires, nous ne sommes pas solidaires d’une manifestation. Chez nous au RRD, je vois qu’il y a de la récupération des activités de la relève politique. Donc, il s’agit bel et bien d’une manipulation et non d’une déclaration collective faisant appel à une manifestation.» Faisant allusion aux violences post-électorales, M. Kourouma a invité l’Etat à déclencher l’action publique, car «il y a eu trop de morts. Nous mettons à l’actif tous ces morts-là les gens qui ont fait appel aux manifestations», accuse-t-il.

Bouya Konaté, le président de l’Union pour la défense des intérêts républicains, a essayé de temporiser. Même si son parti ne manifestera pas, le droit de manifester demeure constitutionnel, rappelle-t-il. «Nous suggérons de manifester sans violence, car un Guinéen tué est un une mort de trop. Nous l’avons vécu pendant dix ans, ce sont nos frères qui perdent leurs âmes. Ces violences, nous les mettons à la charge de deux camps : il y a un groupe mécontent qui demande aux gens de manifester et un camp qui n’arrive pas à gérer ses manifestations sans qu’il y ait des morts. Nous demandons à l’Etat de prendre ses responsablités et de dire aux forces de défense et de sécurité qu’ils ont devant eux leurs frères guinéens.»

Le Parti de liberté et du progrès est le premier des candidats à féliciter le Président Alpha Condé dès le lendemain de la proclamation des résultats provisoires. Le parti a été exclu de facto du Collectif par ses pairs. Son leader, Laye Souleymane Diallo, a expliqué que c’est pour éviter des violences qu’il a procédé ainsi. «Nous sommes des patriotes, nous sommes venus apporter quelque chose à la Guinée. Nous avons notre projet de société que nous voulons exécuter dans les domaines du tourisme,  de la sécurité, de l’éducation. On ne peut pas rester en marge et garder ce document dans les tiroirs alors que l’on peut être utile. Nous ne sommes pas du radicalisme car cela ne construit pas un pays. Nous appelons à surseoir à toute manifestation.» M. Diallo a exprimé sa volonté de figurer dans le prochain gouvernement afin de mettre en œuvre son projet de société, notamment dans le domaine du tourisme.

Yaya Doumbouya

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