Branding Ndimba : Yaya Baldé, enseignant-chercheur, compte engager des avocats pour poursuivre l’État

2 weeks ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

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C’est sous le thème : « Le branding Nimba: Quand l’État viole le principe de la laïcité ? » que Yaya Baldé enseignant-chercheur de son état a animé une conférence de presse ce jeudi 30 mai 2024, à la maison de la presse pour fustiger l’utilisation de l’image du masque Nimba ou D’mba comme Branding National et le fait que l’image du Nimba se retrouve sur presque l’ensemble des documents administratifs de la Guinée et des symboles.

Cet enseignant  dénonce avec fermeté l’utilisation de ce masque N’Demba ou Nimba que les Bagas utilisaient autrefois pour espérer avoir beaucoup d’abondance dans les champs comme l’une des identités de la Guinée.

À en croire cet enseignant-chercheur « L’État n’a pas de droit de se mêler dans ce qui est religieux à plus forte raison prendre quelque chose qui relève de la religion et prendre ça comme symbole et vice versa la religion aussi n’a pas à se mêler dans les affaires de l’État. Maintenant que ce qui pousse l’État malgré ce principe à s’immiscer dans les affaires de religion ou à prendre des choses religieuses et les mettre dans le domaine de la politique surtout dans le domaine de l’État », a-t-il fait savoir.

Poursuivant, monsieur Yaya Baldé se pose un certain nombre de questions. « Je ne comprends pas l’État guinéen, parte chercher un masque qui relève d’une autre religion et le prendre comme symbole national. Ce principe de la laïcité a aussi des branches à savoir la liberté de la conscience. C’est que dans le principe de la laïcité, quelqu’un a le droit de croire, de ne pas croire, d’appartenir à une religion, de ne pas être dans une religion. Chacun est libre pour ce qui est du principe religieux »

Plus loin M. Baldé rappelle:  « il y a l’égalité de tout le monde devant la loi. Il y a aussi la liberté d’expression. Voici en quelque sorte ce que dit la laïcité et la laïcité ne date pas de maintenant là elle date depuis la révolution française de 1789. Ensuite il y a la loi de 1905 qui vient aussi consacrer la liberté religieuse et surtout la liberté d’association. Et toutes ces lois là sont d’accord qu’il y ait une séparation nette entre la religion et l’État, ça sur le plan international et les textes internationaux ».

 Yaya Baldé explique ce que disent les textes guinéens sur cette question de laïcité. « Aujourd’hui nous vivons dans un régime d’exception, donc ce qui veut dire qu’il n’y a pas de constitution, qu’il n’y a pas de loi fondamentale mais nous sommes régis par quoi ? Par ce qu’on appelle la charte de la transition. Et qu’est-ce que la charte de la transition dit? Si vous allez à l’article 3 de la charte de la transition, il dit: »La République de Guinée est un État laïc, souverain,c’est une République, c’est un État social et démocratique ». Si vous allez à l’article 7 de cette même charte il dit quoi ?: »Quiconque tente de remettre en question le principe de la laïcité, le principe que la Guinée est une république, le principe de la liberté, le principe de la démocratie et le principe de l’unicité de la Guinée, que la Guinée est État unitaire, quiconque fait ça il sera poursuivi pour haute trahison ». Donc voici les principes avec lesquels on ne peut pas jouer en Guinée ».

Par ailleurs cet enseignant chercheur déplore ceci: « Mais contrairement à ces articles aujourd’hui nous voyons l’État partir chercher un masque qui relève d’une autre religion et prendre ce masque là comme Branding. Nous,nous ne sommes pas d’accord c’est pour cela nous venons nous exprimer parce qu’on met en danger les principes mêmes de la République et c’est une boîte de Pandore qui est ouverte(…) ».

Estimant qu’il y’a eu manquement en la matière, Yaya Baldé  préconise certaines pistes de solutions.  « Moi j’invite l’État à revenir en arrière organiser un débat national pour que tout le monde se détermine et pour qu’à l’issue de ce débat on revoie la nécessité ou l’opportunité de cette statue appelée Nimba comme Branding National. Mais parallèlement à ça, nous avons créé un mouvement, mais c’est un mouvement pacifique que nous avons appelé « Non au Branding ». Donc ce mouvement, nous allons le mettre en place et nous allons essayer de rencontrer les différentes personnalités, de rencontrer les différents médiateurs pour qu’au niveau de l’État ça soit discuté ».

Pour finir, M. Baldé entend attaquer ce qu’il appelle d’illégal devant les juridictions. « Nous allons engager des avocats pour que l’État soit poursuivi. Nous allons attaquer l’acte du gouvernement, l’acte du 3 mai 2023 parce que c’est le décret du 3 mai du président de la République qui a institué le Nimba, son fonctionnement, son organisation, c’est un décret qui est illégal »

Mamadou Yaya Barry 

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