BEA DIALLO : « Aujourd’hui, une médiation internationale est indispensable » en Guinée

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Aux lots de condamnations suite aux violences qui ont endeuillé de nombreuses familles guinéennes après l’élection présidentielle du 18 octobre dernier, des personnalités sont à la recherche d’une solution pour une sortie de crise honorable. C’est le cas de Bea Diallo, homme politique belgo-guinéen et champion du monde de boxe, qui répond aux question du Djely. Entretien…


Ledjely.com : Bonjour Monsieur Bea Diallo ! Quelle lecture faites-vous de la situation que traverse la Guinée actuellement ?

Bea Diallo : La situation est aujourd’hui très compliquée. Comme vous le savez, je suis venu en Guinée fin août début septembre pour proposer une médiation dans un cadre national, parce que je voulais anticiper la situation que nous vivons actuellement. Tous les Guinéens aujourd’hui doivent se mobiliser pour demander un dialogue et une médiation internationale, seule porte de sortie avec comme objectif aboutir à un gouvernement d’union nationale.

Par quel moyen cela peut se faire ?

Bea Diallo : Comme je l’avais dit, les résultats étaient prévisibles : nous savions que Alpha Condé ne pouvait pas perdre cette élection, malgré le soutien populaire du côté de Cellou Dalein Diallo. Nous devons absolument éviter le chaos. Et pour cela, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo doivent accepter de mettre l’intérêt général au centre du débat et venir à la table des négociations avec la société civile, les religieux, les partis politiques et la communauté internationale pour trouver des solutions ensemble et construire ensemble une Guinée nouvelle.

Vous affirmez que Alpha Condé ne pouvait pas perdre cette élection, est-ce que vous n’êtes pas en train de dire qu’il est impossible de battre un président au pouvoir et vous éloignez du jeu démocratique ?

Bea Diallo : Non, pas du tout ! Je ne dis pas qu’il est impossible de battre un président au pouvoir d’ailleurs nous avons l’exemple du Sénégal avec Abdoulaye Wade et Macky Sall. Par contre, en Guinée, les conditions dans lesquelles cette élection a été organisée ne permettaient à personne de battre le président sortant. C’est pour cette raison que j’étais venu en Guinée pour mettre les meilleures conditions pour permettre à chaque candidat d’aller au scrutin et se dire ‘si je perds, j’accepterais le résultat parce que l’élection était juste et transparente. Aujourd’hui, aucun décompte n’est fiable à 100% ou même à 50%.

Comment devrait se composer la médiation internationale ?

Bea Diallo : Aujourd’hui, une médiation internationale est nécessaire et indispensable. Nous devons impliquer l’ONU, l’UA, l’UE, la Russie, les Etats-Unis, et la CEDEAO. Je suis occupé à travailler pour convaincre cette communauté internationale et j’espère y arriver rapidement. Il y a des vraies prises de position aujourd’hui avec une condamnation ferme des tueries des jeunes. Il y a déjà une première mission qui a été envoyée par la CEDEAO, l’UA et l’ONU.

Avec toutes ces victimes qui s’élèvent à plus de 20 morts, comment peut-on expliquer cette escalade de violence et qu’en est-il de la justice ?

C’est effrayant ! Malheureusement, c’était prévisible. Quand je suis venu fin août début septembre proposer une médiation, c’était dans le but d’anticiper le pire et aujourd’hui nous devons faire tous sans exception appel à une médiation pour sortir de cette crise.

Etant aux affaires, le pouvoir en place ne peut-il pas être considéré en grande partie comme responsable de la crise actuelle ?

Vous me demandez si la crise est oui ou non à l’actif du pouvoir en place ? Oui, évidemment que le pouvoir a des responsabilités ! La première, c’est de tout mettre en place pour éviter une crise comme celle que nous traversons. Et puis tout mettre en place pour éviter des conflits et des affrontements entre les jeunes et les forces de l’ordre.

Propos recueillis par Aliou Diallo 

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