Baisse des activités économiques : une conséquence directe du blocage de la chaîne de la dépense

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Les ministères sans budget depuis des mois, les entreprises privées prestataires de l’Etat asphyxiées pour factures impayées, la dotation en carburant pour les membres du gouvernement et autres hauts cadres, fait au compte-gouttes. Tel est le calvaire auquel sont confrontés les grands commis de l’Etat, sous la nouvelle ère d’Alpha, depuis sa réelection pour un troisième mandat.

Cela revient à dire qu’à part  les salaires, les dépenses pour le fonctionnement de la Présidence de la République, de l’armée et les salaires des militaires, aucun décaissement n’est permis au ministère du Budget. Rien d’étonnant que les activités soient donc presqu’à l’arrêt dans le pays. Jamais dans l’histoire, la Guinée n’a vécu une telle situation, à en croire certains observateurs. Le Président Alpha Condé en a voulu ainsi.

Après donc l’échec de la politique de « l’unicité des caisses », le Chef de l’Etat a récupéré le Cadenas pour fermer la chaîne de la dépense. Tous les bons et les factures passent désormais sous ses yeux, avant d’atterrir au ministère du Budget.

« Le Chef de l’Etat contrôle tout. C’est lui qui ordonne les décaissements. Quelque soit le montant, le dossier doit transiter par la Présidence de la République. Il a l’œil sur tout. Ici au département, nous sommes à chaque fois confrontés aux difficultés de gestion de certains dossiers, surtout ceux des prestataires des services avec lesquels nous traitons. On a beau expliqué notre impuissance du traitement rapide des dossiers mais hélas, nos partenaires ne nous croient pas. Et ce n’est pas de leur faute ! Ils sont pris à la gorge par les charges et les créanciers », nous explique A. Camara, inspecteur financier en service au ministère du Budget, plus particulièrement à la Dette Publique et Investissement.

Et  que dire de cette Cheffe Cabinet d’un département ministériel, confrontée à une dépense, qui se lamentait dans son bureau pour faute de budget ? « Jusqu’ici, nous avons de la peine à décaisser le budget de fonctionnement. C’est souvent  à partir de nos poches que nous effectuons certaines dépenses pour les cas d’urgence. Regardez ce matin ! L’électricité est partie et le groupe n’a pas de carburant. Comment travailler », s’interroge Madame la Cheffe de Cabinet.

De tels exemples sont multiples. Dans la quasi-totalité des services publics, c’est la galère. Par ricochet les entreprises privées tirent aujourd’hui le diable par la queue. Tout simplement parce que l’argent ne circule plus. Plusieurs entreprises privées ont aujourd’hui de la peine à s’en sortir. L’Etat qui est le premier pourvoyeur d’argent a fermé ses portes et mis les pieds sur les factures.

Une triste réalité qui risque, si ça continue ainsi, de voir les sociétés et autres entreprises mettre la clef sous le paillasson.  Vivement que le Président Alpha Condé rouvre la chaîne de la dépense pour s’occuper de l’essentiel ! Que les conseillers à la Présidence de la République et autres financiers, lui rappellent de temps en temps qu’à force de tirer la corde, elle finit par se casser. Les Guinéens souffrent de cette thésaurisation qui perdure.

Les Guinéens souffrent de cette thésaurisation qui perdure et qui tue l’économie à petits feux. Quand on sait que l’Etat est le principal pourvoyeur des marchés publics aux petites, moyennes et grandes entreprises. Ceci expliquant cela, c’est plusieurs emplois qui risquent d’être en péril.

Il faut noter que « quand la pandémie a commencé par une paralysie économique dans le monde, tous les gouvernements des pays soucieux du bien-être de leurs citoyens ont ouvert les vannes monétaires pour ne pas que le système soit en panne. Résultats, des millions d’emplois ont été ainsi sauvés. Serrer la vis en temps de crise est une recette sûre pour tuer définitivement une Guinée déjà fragilisée par la pandémie, la baisse des prix de la bauxite, la fermeture des frontières et l’instabilité politique. « 

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