ARRESTATION D’OPPOSANTS : Me Mohamed Traoré dénonce l’incohérence dans la démarche de la justice

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Par LEDJELY.COM20 novembre 202020 novembre 2020

Nous le disions précédemment, le Collectif des avocats de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) était ce jeudi 19 novembre 2020, devant la presse pour évoquer les cas d’arrestations opérées dans les rangs de l’opposition à la suite des violences post-électorales. Il était en particulier question des six responsables du parti de Cellou Dalein Diallo et de l’ANAD, l’alliance qui accompagnait sa candidature lors de la présidentielle du 18 octobre dernier. Tour à tour, les avocats ont dénoncé les irrégularités qui, selon eux, entacheraient la procédure, mais aussi la politisation de cette dernière, ainsi que la brutalité dont auraient usé les services de sécurité dans certains cas.

C’est ainsi qu’au cours de sa prise de parole, l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mohamed Traoré a fustigé la « descente musclée parfois nuitamment auxquelles font face certains citoyens ». « Il y a parfois même certaines soustractions frauduleuses de biens. Mais au-delà de tout ça, dans les familles où il y a par exemple des enfants à bas âge, c’est une source de traumatisme ; et dans le voisinage, ça crée généralement une sorte de peur », souligne-t-il à ce sujet.

Par la même occasion, dans un langage de vérité, l’avocat a exposé les risques encourus notamment par les responsables de l’UFDG et de l’ANAD. Des risques plutôt importants en raison du fait, dit-il que, « lorsqu’on parle de stockage, de fabrication, de détention d’armes de guerre et de munitions, ce sont des infractions à caractère criminel ». Or, note-t-il, « en matière criminelle, le mandat de dépôt peut être valable jusqu’à 10 mois. Bien entendu, il a la possibilité de renouveler le mandat de dépôt pour une nouvelle période de 6 mois, et pendant cette période-là, nous avocats de la défense, avons la possibilité d’introduire des demandes de fins de mise en liberté provisoire lorsque les conditions sont réunies. Encore une fois, le juge d’instruction n’est pas obligé d’accéder à notre demande, mais nous avons la possibilité, lorsqu’il rejette une demande de mise en liberté provisoire de saisir la chambre de contrôle de l’instruction ». Dans la foulée, il relève que les prévenus, eu égard aux charges qui leur sont imputées, encourent jusqu’à 20 ans d’emprisonnement. Ceci étant, assure-t-il : « nos clients seront relâchés si la justice fait preuve d’impartialité ».

Mais cette condition-là sera-t-elle réunie ? Pas si sûr, sur la foi de l’incohérence que Me Mohamed Traoré relève par la suite. En effet, selon lui, ce n’est pas, en tant que telle, la manifestation de la vérité qui préoccupe les initiateurs de la procédure contre les opposants. « En ce qui concerne les initiateurs de cette procédure, ce n’est pas forcément la manifestation de la vérité, ce n’est pas le rétablissement de l’ordre public. Parce qu’au même moment, dans certaines régions de la Guinée,  dans certaines parties de la Guinée, il y a eu des violences et il y a encore des violences qui sont commises sur d’autres citoyens, mais vous n’entendrez jamais que dans ces parties de la Guinée il y a eu des arrestations, des interpellations ; c’est comme si ces personnes-là bénéficiaient d’une certaine protection de la loi, donc c’est ce qui nous conforte dans l’idée que toute cette procédure-là vise en réalité à affaiblir l’opposition politique », dénonce-t-il.

Hawa Bah

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