Après la confiscation de son passeport, Abé Sylla menace de porter plainte contre le président Alpha Condé

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Quelques jours après la confiscation de son passeport à l’aéroport international de Conakry alors qu’il s’apprêtait à se rendre aux États-Unis, le président de la Nouvelle génération pour la République (NGR), l’un des candidats à l’élection présidentielle du 18 octobre dernier, a menacé ce mardi 10 novembre 2020, lors d’une intervention dans l’émission Les Grandes Gueules sur les antennes de Espace FM, de porter plainte devant la justice contre le président Alpha Condé.

Pour Ibrahima Abé Sylla, la confiscation de son passeport est une preuve palpable de la mauvaise gouvernance du régime du président Alpha Condé. « Quelqu’un qui n’a rien à avoir dans les crimes et autres, veut se rendre à (une) destination, il a son passeport avec un visa bien légal, tu le laisses partir ! Surtout que ce n’est pas guinéen, parce que ce passeport n’appartient ni à moi ni à l’Etat guinéen. Mais [il] appartient [plutôt] au gouvernement américain », a-t-il déclaré, faisant référence à sa double nationalité guinéenne et américaine.

A la question de savoir s’il a échangé avec Alpha Condé à ce propos, le leader de la NGR a assuré : « Non, je n’ai pas besoin de le contacter (…) Ce qu’il a instauré, c’est la mauvaise gouvernance. Et ça se voit même au niveau de l’aéroport. J’en ai discuté avec quelques amis. Mais en dehors de ça, rien d’autre (…) Je ne vois pas d’importance de l’appeler, en ce sens que s’il a donné l’ordre à ce que je ne puisse pas sortir, je suis les règles. Autrement dit, je passe par l’ambassade [des Etats-Unis] qui m’a donné le passeport. Et après, je l’amènerais, (le président Alpha Condé, ndlr), lui-même à la justice pour qu’il me dise pourquoi je ne peux pas sortir » de la Guinée.

Parlant des raisons de sa tentative de voyage, Abé Sylla a expliqué qu’il voulait « rentrer pour [se] reposer, parce que [la Cour constitutionnelle] devait [se] prononcer sur les résultats [définitifs de la présidentielle du 18 octobre dernier], le mercredi [4 novembre]. Mais [elle ne l’avait] pas fait. Je me suis dit, les gens-là vont prendre du temps. Surtout qu’il y avait des recours très importants [faits] par quatre partis politiques, y compris la NGR ».

S’agissant des résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle qui donnent le président Alpha Condé victorieux dès le premier tour avec 59,50% des voix, le président de la NGR a déclaré ne pas les reconnaitre. « Ça ne reflète pas du tout la vérité des urnes.  Nous demandons fortement à cette cour de revoir cette décision et même passer au recomptage », a réaffirmé Abé Sylla. Une demande qui n’a aucune chance d’aboutir dans la mesure où l’arrêt de la haute juridiction est insusceptible de recours.

Balla Yombouno

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