Après 16 ans au pouvoir, quel bilan pour Angela Merkel et sa politique africaine?

4 weeks ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE
 

« Le développement de l'Afrique est le grand enjeu de notre époque » rappelait la chancelière allemande Angela Merkel. En 16 ans de pouvoir, la chancelière allemande, qui quitte son poste à l’issue des élections de ce dimanche, n'a pas ménagé ses efforts pour faire de l'Afrique l'une des pièces maîtresses de sa politique étrangère.

Angela Merkel aura opéré un tournant de la politique allemande sur le continent. C’est la crise migratoire de 2015 avec l'arrivé de plus de 900 000 migrants en Allemagne qui lui fait prendre conscience qu’il faut développer une nouvelle politique africaine pour lutter contre les causes de l’émigration.

À la tête de la présidence du G20, elle tente de mobiliser les pays riches en faveur du continent. Elle lance son plan Marshall pour l’Afrique qui consiste à mettre des fonds à disposition d'entreprises qui souhaitent s’y implanter. Et surtout elle met sur pieds l’initiative Compact Africa, une nouvelle forme de coopération qui a pour but de faciliter les affaires, dont le président congolais Félix Tshisekedi espère beaucoup pour renforcer les liens commerciaux de la RDC avec l'Allemagne.

Investissement allemands en Afrique

Dans sa relation avec Kinshasa, l'implication de l'Allemagne de Merkel n'a pas été significative sous la présidence de Joseph Kabila. Le financement allemand se faisait alors essentiellement au travers de l'Union européenne, rappelle notre correspondant dans la capitale congolaise, Patient Ligodi. « C’était difficile de les convaincre de venir investir chez nous sur le plan bilatéral. C’est peut-être à cause de manque de lisibilité de notre pays », explique un diplomate congolais reçus plusieurs fois à Berlin. 

Sous Félix Tshisekedi, l’axe Kinshasa-Berlin s’est néanmoins réchauffé. Le président congolais a été reçu deux fois par Angela Merkel, les réformes annoncées et amorcées ont été saluées et l’amélioration des rapports avec le FMI a été également appréciée. Kinshasa espère maintenant des échanges commerciaux importants. 

En 2018, les investissements allemands en Afrique dépassent d’ailleurs les 10 milliards d’euros, soit une hausse de 10% en un an.

L’immigration et le terrorisme sont désormais au cœur de la politique africaine de la chancelière avec notamment la participation des forces armés allemande au Mali dès 2013. Mais le point d'orgue de son mandat restera la reconnaissance en début d’année du génocide des peuples Hereros en Namas dans l’actuel Namibie par l’empire allemand.

 

Par RFI – 26 Septembre 2021

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