A Kankan, l’interdiction de la vente du carburant au marché noir ne passe pas

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Par LEDJELY.COM5 novembre 20205 novembre 2020

Dans un communiqué publié dans la journée d’hier, mercredi 4 novembre 2020, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a annoncé l’interdiction de la vente du carburant sur le marché noir en Guinée. Une décision qui est au cœur des discussions, ce jeudi, dans la ville du Nabaya, où plusieurs citoyens rencontrés ce matin par Ledjely.com estiment qu’elle est quasiment impossible à appliquer, notamment à l’intérieur du pays.

Alors que le prix du carburant a connu une hausse au marché noir dans plusieurs villes du pays après la présidentielle du 18 octobre dernier, le gouvernement guinéen vient d’interdire le transport et la vente du carburant en détail. Autrement dit au marché noir. Une décision qui n’est pas du goût de tout le monde, notamment à Kankan. Pour les citoyens interrogés ce jeudi par Ledjely.com, cette décision ne répond pas aux réelles préoccupations des Guinéens.

« Ce sont de simples propos, cela ne sera jamais appliqué. Cette décision est comme du vent, car s’ils veulent interdire cette activité, ils doivent d’abord créer des emplois pour les populations. Combien de diplômés sans-emplois trouvent leur pain quotidien dans cette activité ? Interdire une telle activité peut entraîner d’autres problèmes. Le gouvernement doit plutôt chercher à fixer un prix standard sur le marché noir pour éviter l’inflation », estime Mory Condé.

Cette décision, Mamadi Doumbouya, habitant au quartier Kabada I, n’entend pas l’appliquer, assurant que le marché noir l’arrange énormément. « Cela nous évite les déplacements et les files interminables devant les stations services. La population est de plus en plus grande et le nombre de stations services n’est pas suffisant. Le gouvernement peut prendre d’autres décisions, mais celle-ci n’a aucune raison d’être ».

Marie Sia Kamano invite les autorités à faire plutôt face aux préoccupations quotidiennes des citoyens. « Il y a des stations services dans combien de localités du pays ? Comment vivront nos parents des zones rurales ? L’État va-t-il construire des stations services dans tout  le pays ? Voici les vraies questions que nos responsables devraient se poser avant de prendre une telle décision. Personne n’est au-dessus de la loi, la décision peut-être respectée si ces dispositions préalables sont respectées et si ce n’est pas le cas comme maintenant,  c’est de la simple plaisanterie », estime cette sociologue.

Michel Yaradouno, Kankan pour Ledjely.com

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